Un essai non transformé

Rally d’Argentine (27-30 avril 2017)

Frustrant à bien des égards, le week-end de Citroën Total Abu Dhabi WRT en Argentine se solde par un double abandon. Confiante dans son potentiel, l’équipe doit dès maintenant se tourner vers les prochaines épreuves, avec l’ambition inchangée de renouer avec la victoire.

Le film de la course

Jeudi soir, le Rallye d’Argentine débutait par une spéciale dans les rues de Córdoba. Après une nuit en parc fermé, les concurrents s’élançaient vendredi pour une longue étape de huit spéciales.

Immédiatement, Kris Meeke et Paul Nagle se positionnaient dans la lutte pour la tête. Après l’ES3, la Citroën C3 WRC n°7 occupait la deuxième place, à moins de dix secondes du leader. Mais dans Santa Rosa – San Agustin, le Britannique se faisait surprendre dans une compression : la voiture décollait pour atterrir sur un talus et partir en tonneaux. Il parvenait à finir l’ES4, en ayant perdu plusieurs minutes.

Craig Breen terminait lui aussi cette spéciale au ralenti : dans la même compression que son équipier, l’Irlandais n’avait pu éviter le choc du soubassement contre une pierre enchâssée. Endommagée, la boîte de vitesses se bloquait sur le cinquième rapport.

Les deux voitures étaient ensuite contraintes à l’abandon sur le secteur de liaison, les dégâts ne leur permettant pas de finir la boucle. Pour permettre à leurs équipages de repartir le lendemain en Rally2, les mécaniciens et ingénieurs de Citroën Racing se livraient à deux intenses parties de mécanique.

Samedi, les deux C3 WRC sortaient du parc fermé, mais les mécaniciens diagnostiquaient une fuite d’huile sur la voiture de Craig Breen. Pour ne pas endommager le moteur, l’Irlandais ne participait pas à cette deuxième étape. Cela laissait le temps à l’équipe de démonter le groupe motopropulseur pour procéder au changement d’une pièce endommagée lors du choc de la veille.

Après une spéciale consacrée à vérifier le bon fonctionnement de sa voiture, Kris Meeke retrouvait un rythme élevé : il alignait deux meilleurs temps (ES11 et 12) avant l’assistance de mi-journée. Malheureusement, le second passage dans les spéciales se soldait par une autre sortie de route. Heurtant un talus à haute vitesse dans l’ES14, la Citroën partait dans une impressionnante série de huit tonneaux ! L’abandon était cette fois définitif.

Dimanche, il ne restait donc que Craig Breen pour défendre les couleurs de l’équipe. Participant pour la première fois à l’épreuve, l’Irlandais se réjouissait de pouvoir prendre de l’expérience sur un terrain aussi spécifique. Quatrième dans El Condor – Copina et troisième dans Mina Clavero – Giulio Cesare, il démontrait sa capacité d’adaptation et de progression. Lors de la dernière assistance, l’équipe décidait toutefois de ne pas classer la voiture, afin de bénéficier d’un quota réglementaire complet de pièces détachées pour les prochains rallyes.

Des performances sans concrétisation

Évidemment, le résultat brut n’est absolument pas à la hauteur des ambitions de Citroën Total Abu Dhabi WRT, victorieux à dix reprises en Argentine. « Nous avions la capacité d’atteindre notre objectif, à savoir la victoire », expose Yves Matton, Directeur de Citroën Racing. « Kris a aligné une série de premiers et deuxièmes temps qui illustrent le niveau de performance de la C3 WRC. De même, les chronos de Craig ce dimanche – au plus fort de la bagarre pour la victoire – viennent confirmer ce constat. Pourtant, nous n’avons pas réussi à concrétiser. Depuis le début de saison, nous payons très cher les obstacles qui se mettent en travers de notre route. Nous allons continuer à travailler, sans relâcher nos efforts, car nous sommes persuadés que ces efforts paieront de nouveau. Notre approche reste offensive : plutôt que de viser un résultat au Championnat du Monde, nous voulons remporter des rallyes et cela implique une certaine prise de risques. »

Parmi les satisfactions du week-end, le travail effectué par les mécaniciens figure en tête de liste. La remise en état de la C3 WRC de Kris Meeke après sa sortie du vendredi restera comme un des grands exploits de l’Armée Rouge. « Nos mécaniciens forment sans doute la meilleure équipe de rallye depuis une quinzaine d’années », souligne Yves Matton. « Ils ont fait preuve d’engagement pour remettre en état la voiture, qui était au top le lendemain puisque Kris a réalisé deux scratches. Il est donc triste que leur implication n’ait pas été mieux récompensée. C’est toujours dommage de perdre une voiture repartie en Rally2 sur une nouvelle sortie de route. »

Prochaine étape au Portugal

Dès son retour d’Amérique du Sud, l’équipe entamera la préparation des prochains rallyes. Une séance d’essais, programmée en Italie, permettra de préparer les rallyes du Portugal et de Sardaigne. Lors de la prochaine manche (18-21 mai), quatre Citroën C3 WRC seront alignées pour les équipages Kris Meeke / Paul Nagle, Craig Breen / Scott Martin, Stéphane Lefebvre / Gabin Moreau et Khalid Al Qassimi / Chris Patterson.

MotoGP – Grand Prix des Amériques

Morbidelli et le coup du chapeau

Après Doha et Termas de Rio Hondo, Austin. Avec trois victoires en trois courses, Franco Morbidelli caracole en tête du championnat du monde Moto2. En MotoGP, Miller et Rabat rentrent à nouveau dans les points sur le circuit des Amériques.

Les courses

Sur un circuit où il avait jusqu’à présent toujours rencontré des difficultés, Franco Morbidelli a vaincu le signe indien en allant chercher un nouveau succès, le troisième d’affilée après ceux du Qatar et de l’Argentine. Parti très vite en tête, le pilote du team Estrella Galicia 0,0 Marc VDS a su résister au retour de Tom Lüthi avant de passer la vitesse supérieure pour franchir la ligne d’arrivée avec plus de deux secondes d’avance sur son adversaire suisse. En tête au premier tour, Alex Marquez a commis une petite erreur qui lui a fait perdre le contact avec le groupe de tête. A la lutte avec Nakagami, le coéquipier de Morbidelli termine finalement au pied du podium.

Mon plus gros problème, c’est que j’ai souffert de crampes aux avant-bras

regrettait l’Espagnol qui fêtait au Texas son 21e anniversaire.

En MotoGP, Miller a obtenu un nouveau top dix en terminant sur les talons de Jorge Lorenzo. Rabat a lui aussi glané de nouveaux points en se glissant à la treizième place entre les Ducati de Redding et Barbera. Dans la catégorie Moto3, les deux pilotes du team Peugeot MC Saxoprint terminent au-delà de la vingtième place. Kornfeil se classe vingt-troisième et Pulkkinen trentième.

Le championnat

Avec soixante-quinze points en trois courses, Morbidelli rentre en Europe avec le plein au compteur. Leader du championnat, l’Italien devance désormais Lüthi de dix-neuf longueurs. Marquez remonte pour sa part à la sixième place du classement général Moto2. En MotoGP, Miller conclut la tournée outremer à la dixième place du championnat alors que Rabat est dix-huitième avec huit points. Côté Moto3, Kornfeil et Pulkkinen n’ont toujours pas ouvert la marque.

L’histoire

Références dans le monde de la compétition, les carburants Elf font cette année encore tourner la plupart des moteurs des motos engagées dans la catégorie MotoGP.

Nous fournissons l’ensemble du plateau à l’exception des pilotes Ducati et des deux officiels Honda

Romain Aubry,
l’un des ingénieurs Elf dévolu à la compétition.

Tous les constructeurs ne font pas appel au même carburant. Les équipes KTM et Aprilia utilisent un produit de la gamme sans disposer de développement continu.

Ces deux constructeurs qui ont récemment rejoint le championnat MotoGP ont besoin de travailler en priorité sur la performance et la fiabilité de leur moteur

En revanche, chez Yamaha et Suzuki, mais aussi du côté des équipes indépendantes Honda (Estrella Galicia 0,0 Marc VDS et LCR), on utilise du carburant développé à la carte.

 Yamaha met la priorité sur la consommation. Suzuki nous demande de la performance alors que les teams Honda insistent sur la fiabilité.

Pour chacun des clients de la marque, les ingénieurs Elf s’emploient donc à définir un cahier des charges en échangeant avec les motoristes.

Nous déterminons l’appétit moteur dans le choix des molécules chimiques. A partir de là nous leur proposons trois candidats.

Développés dans les laboratoires du centre de recherche de Solaize, ces carburants sont ensuite envoyés au Japon et testés au banc d’essais, puis validés sur circuit.

Endurance Moto – 24h du Mans

Un nouveau podium dans la Sarthe

Comme au Bol d’Or en septembre dernier, le team Kawasaki SRC s’est de nouveau hissé sur le podium à l’arrivée des 24 Heures Motos organisées sur le circuit du Mans.

 

Pour sa seconde et dernière course de la saison 2016/2017, le team Kawasaki SRC a encore joué les premiers rôles. Engagée uniquement sur les deux épreuves de 24 heures du championnat du monde d’Endurance –le Bol d’Or et les 24 Heures Motos-, l’équipe de Gilles Staffler a décroché la troisième place au Mans après avoir terminé en deuxième position sur le circuit Paul Ricard. Deux podiums qui permettent au SRC d’occuper actuellement la deuxième place du classement général à trois points du Suzuki Endurance Racing Team. Victorieuse l’an dernier dans la Sarthe, la Kawasaki #11 a cette fois buté sur les deux Yamaha du team GMT 94 et du YART. Emmenée par Randy de Puniet, Fabien Foret et Mathieu Gines, la ZX-RR du SRC avait pourtant décroché aux essais la pole position, grâce notamment au meilleur temps absolu de Randy de Puniet, en 1’35”73. En tête à la fin de son premier relai, l’ancien pilote de Grands Prix a malheureusement été victime d’une petite chute avant la tombée de la nuit.

 J’ai pu rapidement repartir car la moto n’avait qu’un levier cassé,  . Mais cela nous a tout de même coûté trois tours.

Randy de Puniet

Cravachant par la suite pour remonter sur la première place, les pilotes Kawasaki ont été de nouveau retardés par des ennuis d’éclairage et un sélecteur de vitesses qu’il a fallu remplacer.

Mais ce qui nous a le plus handicapé, c’est de ne pas avoir des pneus adaptés au nouveau revêtement de la piste. Notamment durant la nuit, nous n’avons pas pu rouler sur le rythme qui aurait dû être le nôtre. Nous étions là pour gagner mais nous n’avons malheureusement pas été en mesure de le faire.

Gilles Staffler

Prochain rendez-vous pour le team Kawasaki SRC, les 16 et 17 septembre prochains sur le circuit Paul Ricard pour une nouvelle édition du Bol d’Or.

La PEUGEOT 208 WRX 2017 se dévoile à Barcelone

A l’occasion de la première manche du Championnat du Monde FIA de Rallycross, Sébastien Loeb
et Timmy Hansen lèvent le rideau sur la toute nouvelle PEUGEOT 208 WRX, configuration 2017,
dotée d’une nouvelle livrée et d’un look ravageur. Kevin Hansen, quant à lui fera ses premiers
tours de roue dans la cour des grands avec sa 208 version 2016 plus. 

La PEUGEOT 208 WRX présente de nombreuses évolutions par rapport à sa devancière. Tous les domaines ont été abordés mais c’est sous le capot que se trouvent les plus grosses modifications avec l’apparition d’un nouveau bas moteur avec un bloc taillé masse. La voiture est désormais à la largeur maximale légale et adopte donc une nouvelle carrosserie intégrant de nouveaux éléments aérodynamiques. Bien sûr, l’amortissement et la suspension
ont, aussi, fait l’objet d’une attention particulière.

Cette nouvelle saison s’annonce aussi excitante que disputée puisque Audi et Volkswagen ont annoncé leur implication officielle aux côté de Peugeot et Ford, déjà officiellement engagés dans le championnat. Sébastien Loeb et Timmy Hansen auront la mission de marquer les points pour le compte du Team Peugeot Hansen sur les douze manches d’une saison qui visitera trois continents et se terminera en Afrique du Sud, mi-novembre.

En plus de ce duo de choc, le jeune champion d’Europe Kevin Hansen (18 ans) disputera l’intégralité du Championnat du Monde, pour la première fois. Le lauréat du prix « Rookie of the year 2016 » décerné par la FIA, aura à coeur de parfaire son apprentissage au plus haut niveau au volant d’une voiture en configuration 2016 plus.

Bruits de paddock ….

Kenneth Hansen, Team Principal
« Nous avons travaillé tout au long de l’intersaison pour offrir à nos pilotes une PEUGEOT 208 WRX encore plus performante. Nous avons trois des meilleurs pilotes du championnat et si nous leur
fournissons une voiture qui les met en confiance, ils peuvent réaliser des choses magiques. Nous avons travaillé dur cet hiver mais il est difficile de nous situer avant cette première course car nos concurrents aussi ont certainement évolué aussi de leur côté. Le niveau va être très élevé cette saison avec quatre constructeurs impliqués. Nous allons prendre les courses les unes après les autres avec l’objectif de nous battre pour les deux titres. Barcelone est une piste où nous avons déjà été performants . Nos pilotes apprécient cette piste et je suis impatient de voir ce qui va s’y passer. »

Sébastien Loeb (pilote de la PEUGEOT 208 WRX #9)
« Je suis plutôt content de commencer la saison à Barcelone. Il y a des chances que nous y trouvions de meilleures conditions météo que lors de du lancement de la saison passée, à Montalegre. Pour mes débuts dans le championnat, j’avais été accueilli par un déluge ! J’aime Barcelone qui me rappelle beaucoup de bons souvenirs. C’est là que j’ai pilotée le plus grand nombres de voitures différentes. J’y ai notament essayés la Red Bull F1 et la PEUGEOT 908 d’endurance, il y a quelques années. Je suis impatient d’y retourner pour voir où se situe notre nouvelle PEUGEOT 208 WRX. L’équipe a beaucoup travaillé tout l’hiver. Après le dernier test effectué à Lydden Hill, j’ai le sentiment que la voiture a progressé dans un peu tous les domaines : moteur, châssis, amortisseurs, rapports de boîte… Globalement, on est mieux partout. Elle devrait être plus polyvalente et plus performantes sur les circuits glissants. Barcelone n’est pas la piste qui permettra de vraiment juger ce dernier point mais ce sera tout de même très intéressant puisque ce sera notre première confrontation avec une concurrence renforcée. »

Timmy Hansen (pilote de la PEUGEOT 208 WRX #21)
« Les essais que nous avons menés avec la version 2017 de la PEUGEOT 208 WRX se sont très bien passés. Nous avons résolus les quelques points qui nous posaient soucis l’an dernier. La nouvelle voiture est de celles qu’il est possible de pousser à la limite et de piloter d’une manière très incisive. Je suis impatient de me retrouver à son volant sur la ligne de départ de Barcelone d’autant que la voiture dispose d’une nouvelle livrée et de nouveaux appendices aéro qui la rende encore plus agressive ! Je pense que Barcelone est un circuit qui nous convient. J’étais en pole en demi-finale et j’ai terminé deuxième en finale. Je suis content de commencer par cette piste cette saison. »

Kevin Hansen (pilote de la PEUGEOT 208 WRX #71)
« La PEUGEOT 208 WRX version 2016 que je vais piloter cette saison est meilleure que celle dont je disposais l’an dernier. C’est super de me retrouver à Barcelone au volant d’une voiture dans laquelle je me sens à l’aise. Elle était déjà performante à Barcelone l’an passé et elle a encore été développée depuis la saison passée. En ce qui me concerne, Barcelone est l’un des meilleurs souvenirs de ma carrière puisque c’est là que je suis devenu le plus jeune pilote à remporter le titre de champion d’Europe. Je me sens plus prêt que jamais à attaquer cette première saison complète en championnat du monde. Avec Timmy, je me suis d’ailleurs préparé tout l’hiver que ce soit en termes de pilotage ou sur le plan physique. »

Télécharger le guide média PEUGEOT WRX 2017 (PDF)

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MotoGP, Grand Prix d’Argentine

Morbidelli taille patron

En enchaînant en Argentine une deuxième victoire d’affilée, Franco Morbidelli a consolidé sa place de leader de la catégorie Moto2. L’Italien peut plus que jamais croire en ses chances d’obtenir le titre mondial.

 

Les courses

Deuxième temps des essais, Franco Morbidelli s’est encore montré intouchable sur le circuit de Termas de Rio Hondo. Leader du premier au dernier tour, il n’a eu à résister qu’à un bref assaut de son coéquipier à quelques kilomètres de l’arrivée.

J’ai attaqué un peu plus fort dans les derniers tours quand j’ai vu qu’Alex se montrait pressant ; Malheureusement, lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée, il n’était plus derrière moi.

Franco Morbidelli

Marquez est en effet tombé dans le dernier tour, privant ainsi le Team Estrella Galicia 0,0 Marc VDS d’un historique doublé. S’il est parvenu à remonter sur sa moto, l’Espagnol n’a pu rallier l’arrivée qu’en vingt-et-unième position. Bien décidé à rentrer tous les deux dans les points en MotoGP, Jack Miller et Tito Rabat ont mené à bien leur mission. L’Australien a enchaîné un deuxième top dix en terminant neuvième sur les talons de Redding alors l’Espagnol a pris l’avantage sur un trio composé de Barbera, Espargaro et Smith pour finir douzième. En Moto3, les deux pilotes du team Peugeot MC Saxoprint n’ont malheureusement pas réussi à accrocher le wagon de tête. Jakub Kornfeil s’est classé dix-huitième à vingt secondes du vainqueur tandis Patrik Pulkkinen a franchi la ligne d’arrivée à la vingt-sixième place.

Le championnat

Grâce à sa nouvelle victoire, Morbidelli conforte sa place de leader du championnat du monde Moto2. L’Italien compte désormais quatorze points d’avance sur Tom Lüthi. Marquez pointe lui à la neuvième place avec onze points. En MotoGP, Miller se hisse en septième positon à seulement cinq points du troisième, Andrea Dovizioso. Rabat est dix-neuvième à égalité avec Jorge Lorenzo. Toujours pas de points en revanche pour les deux pilotes Moto3 du team Peugeot MC Saxoprint.

L’histoire

Plantée au cœur de la province de Santiago del Estero, au nord-ouest de l’Argentine, la petite ville de Termas de Rio Hondo accueille depuis trois ans le Grand Prix d’Argentine. Peuplée de 44 000 âmes, cette cité est davantage réputée pour ses thermes que pour son circuit de vitesse. Pourquoi donc alors organiser un Grand Prix MotoGP dans une petite ville distance de plus de mille kilomètres de Buenos Aires et qui exige plus de vingt-quatre heures de voyage quand on s’y rend au départ d’une capitale européenne ? Pas seulement parce que l’Argentine fut, en 1961, le premier pays hors Europe à accueillir une manche des championnats du monde de vitesse. A l’époque, le Grand Prix était d’ailleurs organisé à Buenos Aires. Il s’y est tenu à neuf reprises, la dernière en 1999. Non, si Termas de Rio Hondo accueille depuis trois ans le Grand Prix d’Argentine, c’est parce que le championnat MotoGP n’est pas qu’un spectacle. C’est aussi la garantie d’accueillir des dizaines de milliers de spectateurs et de bénéficier d’un formidable exposition médiatique. Durant les trois jours du Grand Prix d’Argentine, la province de Santiago del Estero enregistre ainsi plus de dix pour cent de ses recettes liées au tourisme. Voilà pourquoi les pouvoirs publics soutiennent corps et âme ce Grand Prix dont le contrat court jusqu’en 2019.

La Citroën C3 WRC confirme sa performance sur tous les terrains

Tour de Corse (6-9 avril 2017)

Disputé sous un soleil radieux, le Tour de Corse a confirmé l’homogénéité du plateau composant le Championnat du Monde des Rallyes 2017. Et c’est un quatrième constructeur qui s’est imposé en autant de rallyes ! Entre le début de course flamboyant de Kris Meeke et la montée en puissance de Craig Breen, Citroën Total Abu Dhabi WRT a confirmé le niveau de performance de la C3 WRC sur asphalte.

Le film de la course : à tour de rôle

Depuis son retour au calendrier du WRC, le Rallye de France est redevenu un « vrai » Tour de Corse. Vendredi, la première étape se déroulait de part et d’autre d’Ajaccio. Irrésistible, Kris Meeke signait les deux meilleurs temps de la matinée pour s’installer en tête devant Sébastien Ogier. Craig Breen occupait alors la sixième position, tandis que Stéphane Lefebvre était neuvième pour sa redécouverte de l’épreuve.

Kris Meeke accentuait son avance au cours du second passage, pour rentrer à Bastia avec une dizaine de secondes d’avance sur Ogier. Craig Breen progressait jusqu’à la quatrième place, après avoir pris le dessus sur Dani Sordo. Auteur d’une prestation cohérente avec son niveau d’expérience sur ces routes, Stéphane Lefebvre était huitième.

Après cette brillante première étape, Citroën Total Abu Dhabi WRT encaissait deux coups durs le samedi matin. Dans l’ES5, Stéphane Lefebvre cassait un élément de suspension en touchant un muret. Malgré une réparation de fortune, il était contraint à l’abandon pour avoir dépassé le retard maximum autorisé. Dans le même temps, Kris Meeke franchissait la ligne d’arrivée de l’ES6 en roue libre. Le moteur du leader venait de subir des dommages synonymes d’abandon définitif pour ce rallye.

Dès lors, les espoirs de l’équipe reposaient sur les épaules de Craig Breen. L’Irlandais n’avait pas été épargné par le manque de réussite, puisqu’il avait été obligé de disputer l’ES6 sans liaison radio avec Scott Martin ! À la lutte avec Jari-Matti Latvala tout au long de l’après-midi, Craig terminait l’étape visitant la région bastiaise au cinquième rang, à une quinzaine de secondes de la troisième marche du podium.

Dimanche, le Tour de Corse s’achevait dans le sud de l’île. Lors de la plus longue spéciale du rallye, Craig reprenait la quatrième place à Jari-Matti Latvala. Mais malgré son troisième temps dans la Power Stage, il devait finalement s’incliner pour un petit dixième de seconde !

De retour en course, Stéphane Lefebvre reprenait sa progression, pour terminer l’épreuve sur un rythme à 7/10e au kilomètre des meilleurs. Il offrait six points supplémentaires à l’équipe pour le Championnat du Monde des Constructeurs.

Une Citroën C3 WRC définitivement bien née !

Avec la victoire de Kris Meeke et Paul Nagle au Mexique, Citroën Racing avait eu la confirmation du potentiel de la C3 WRC sur la terre. Ce sentiment se confirme après les performances enregistrées au Tour de Corse, sur un terrain fondamentalement différent.

« Nous avions le potentiel pour gagner. Cela n’a pas été le cas, mais c’est de bon augure pour la suite de la saison, dans le cadre des objectifs que nous nous sommes fixés. La Citroën C3 WRC est définitivement bien née.  Avant son abandon, Kris Meeke évoluait dans une totale sérénité. Sa confiance dans la voiture était telle qu’il dominait son sujet », poursuit le Directeur de Citroën Racing. « Évidemment, le point noir est son abandon à cause d’un problème moteur. Nous savons que cela a été causé par une fuite du circuit de lubrification d’huile. Mais nous devrons attendre d’avoir totalement démonté la voiture pour déterminer la première cause de ce souci.  La course de Craig Breen est très satisfaisante . Après avoir modifié son style de pilotage, notamment au niveau du freinage, il estime avoir franchi un nouveau cap ce week-end. Tout au long du week-end, il a travaillé avec les ingénieurs pour améliorer ses réglages, au point de disposer d’une voiture qu’il qualifiait de ‘parfaite’ dimanche. Il a d’ailleurs signé de très bons chronos, au cœur de sa bagarre avec Ogier, Sordo et Latvala. La situation est frustrante pour Stéphane Lefebvre. Une nouvelle fois, c’est une erreur minime qui l’empêche d’accumuler des kilomètres et de réduire son déficit d’expérience. En tous cas, il est plus motivé que jamais pour prouver sa valeur. Et son apport sur ce rallye a été bien réel, puisqu’il nous a permis de marquer des points avec deux voitures. Nous nous rapprochons ainsi de notre plus proche adversaire. »

Les Prochains Rallyes attendus avec impatience

Pour le retour sur terre, Citroën Total Abu Dhabi WRT attend les prochaines manches avec impatience. En effet, l’Argentine et le Portugal sont deux épreuves déjà remportées par Kris Meeke ! « Après les deux premiers rallyes, dont le résultat ne correspondait pas à nos attentes, je dois féliciter l’équipe pour le travail réalisé », conclut Yves Matton. « L’intense travail effectué sur les essais et les rallyes nous a permis de mieux comprendre la façon dont la voiture réagit. Nous avons identifié l’influence des différents paramètres sur la performance globale, en constatant que cette relativité pouvait différer de nos précédentes World Rally Cars. Nos axes de progression sont clairement identifiés et nous n’allons pas relâcher notre effort, car la compétition est plus serrée que jamais ! »

Championnat du monde Superbike, Espagne

Rea conforte son leadership

Avec cinq victoires en six courses, Jonathan Rea domine de la tête et des épaules ce début de saison. Le double champion du monde a parfaitement maîtrisé la première épreuve européenne disputée en Espagne alors qu’en
Supersport Kenan Sofuoglu a manqué de réussite pour son retour à la compétition.

Les courses

S’il n’y a pas enchaîné un troisième doublé, Jonathan Rea a tout de même été à nouveau l’homme fort du week-end Superbike sur le circuit d’Aragon. Samedi après-midi, le pilote Kawasaki a remporté la première course en poussant à la faute Chaz Davies, toujours en verve sur la piste espagnole. Le lendemain, les deux hommes ont de nouveau croisé le fer jusqu’au drapeau à damier, mais c’est cette fois le pilote Ducati qui a pris l’avantage. Avec sa deuxième place, Rea monte néanmoins sur le podium pour conforter son avance au classement général. Tom Sykes a pour sa part enchaîné une troisième et une quatrième places. Une bonne opération pour le Britannique qui a souffert d’un virus tout le week-end. Dans l’impossibilité de s’alimenter, Sykes a fait preuve de courage pour limiter les dégâts. Randy Krummenacher a lui marqué des points à deux reprises en terminant les deux courses en quatorzième position. En Supersport, Kenan Sofuoglu a manqué de réussite pour son retour à la compétition. Absent en Australie et en Thaïlande à cause de la blessure à une main que lui a valu une chute à l’entraînement en début d’année, le champion du monde naviguait dans les roues des leaders quand Caricasulo est tombé devant lui. Dans l’impossibilité d’éviter la moto de son adversaire, le pilote turc a lourdement chuté. Malgré un gros choc au dos, il n’a heureusement pas aggravé ses blessures au pouce droit. Canducci a signé la meilleure performance des pilotes du team Kawasaki Pucetti en passant sous le drapeau à damier en cinquième position. Kyle Ride s’est lui classé huitième.

Le championnat

Pilote le plus performant mais aussi le plus régulier depuis l’ouverture du championnat du monde, Jonathan Rea compte cinquante points d’avance sur ses adversaires après seulement trois épreuves. Tom Sykes glisse en troisième position mais il ne compte que trois points de retard sur Chaz Davies. Avec quatorze points inscrits, Randy Krummenacher occupe pour sa part la seizième place du championnat. En Supersport, Sofuoglu court toujours après ses premiers points alors que Ryde et Canducci pointent respectivement en quatrième et quinzième positions.

L’histoire

Pilote en Endurance pour l’équipe Kawasaki SRC, ancien champion du monde Supersport, Fabien Foret est devenu cette année une pièce maîtresse du dispositif mis en place par Jonathan Rea. Sur chaque course du Mondial Superbike, le Français conseille le Britannique. Les deux hommes se connaissent bien. Anciens coéquipiers, ils ont pour point commun d’être tous les deux mariés avec une Australienne. C’est donc l’hiver, du côté de Melbourne, qu’ils ont commencé à s’entraîner de concert. Après avoir mis un terme à sa carrière en Supersport, Fabien Foret a d’abord aidé Christophe Ponson avant que tout naturellement, Jonathan Rea finisse par lui demander un coup de main…

Comme tous les coaches, Fabien travaille en bord de piste. Il n’hésite pas à utiliser la vidéo pour appuyer ses propos : « Avec Johnny, j’ai aussi un rôle psychologique car je le connais bien, je sais ce dont il a besoin et je sais comment lui parler. Par rapport à ce que je faisais avec Ponson, on n’est pas sur du dégrossissement mais plus sur des détails. Je n’ai pas besoin de lui dire comment s’entraîner ou ce qu’il doit manger. » Cette année, Foret travaille aussi avec Randy Krummenacher. Désormais pilote Superbike, le Suisse a sollicité Fabien à la fin de la saison 2016. « On a fait un test à Jerez et ça s’est bien passé, explique le Français. Rea étant ok pour partager mes services, cela me permet de compléter mon budget. ».