Championnat du Monde MotoGP – Grand Prix des Pays-Bas (Asssen) Juin 2016

Victoire historique pour Jack Miller

En s’imposant sous la pluie des Pays-Bas pour remporter son première succès en MotoGP, Jack Miller a réalisé un incroyable exploit. Cela faisait en effet dix ans que plus aucun pilote d’une équipe indépendante n’avait gagné en classe reine. Le podium de Franco Morbidelli en Moto2 complète cette journée historique pour le Team Estrella Galicia 0,0 Marc VDS.

Les courses

Un véritable déluge ayant contraint les organisateurs à sortir le drapeau à rouge avant même la mi-course, le Grand Prix des Pays-Bas MotoGP s’est finalement couru sur douze tours après qu’un nouveau départ a été donné. Un sprint que Jack Miller a géré à merveille. En tête au quatrième tour après voir doublé Marquez, l’Australien n’a plus quitté la première place jusqu’au drapeau à damier. Il raconte :

« Quand j’ai doublé Marc, j’ai essayé de faire abstraction du fait que je me retrouvais d’un Grand Prix MotoGP pour la première fois de ma carrière. J’ai essayé de ne pas penser à la victoire et de rester calme. Je ne suis pas prêt d’oublier cette journée. »

Malgré une chute en début de course, Tito Rabat a réussi à reprendre la piste pour passer la ligne d’arrivée en onzième position.

En Moto2, les pilotes du Team Estrella Galicia se sont également mis en évidence. Franco Morbidelli est monté sur son premier podium de la saison après avoir mené la course durant six tours. Bien décidé cette fois à rejoindre l’arrivée, Alex Marquez s’est lui classé huitième.

Le championnat

En inscrivant vingt-cinq d’un coup, Jack Miller fait un bond au classement du championnat MotoGP. Le voilà désormais treizième devant Scott Redding et Bradley Smith. Malgré les cinq points marqués, Tito Rabat glisse lui à la vingtième place.

En Moto2, Franco Morbidelli se hisse en sixième position tandis qu’Alex Marquez qui n’était plus rentré dans les points depuis le Grand Prix des Amériques au Texas gagne deux places. Il est désormais vingtième du classement general.

L’histoire

« Les conditions étaient idéales aujourd’hui pour permettre à une équipe indépendante de créer l’exploit, encore fallait-il réussir à en saisir l’opportunité. Jack a su y parvenir et nous ne pouvons que le féliciter. »

A l’arrivée de la huitième épreuve du championnat, Michael Bartholemy manquait de mots pour dire sa joie ainsi que la fierté de son équipe.

« Les derniers tours étaient terribles à regarder tant la tension était énorme. Les conditions étaient vraiment difficiles, et Jack avait tout de même Marc Marquez derrière lui. Il n’a pas commis la moindre erreur, c’est tout simplement fabuleux. Nous pouvons être fiers de lui, mais aussi de tout ce que nous avons réalisé avec nos partenaires depuis que nous avons décidé de rejoindre la catégorie reine en 2014. Gagner en MotoGP, des tas de gens en rêvent toute leur vie sans jamais pouvoir y arriver. Nous y sommes parvenus en moins de trois ans avec un jeune pilote en qui nous avons toujours cru. Nous sommes la première équipe indépendant à remporter un Grand Prix depuis 2006, c’est tout simplement fantastique. »

Championnat du monde Superbike Misano, Juin 2016

Tous les feux sont au vert

Après avoir subi la domination de Tom Sykes à Donington, Jonathan Rea s’est remis dans le sens de la marche en Italien en remportant devant son coéquipier les deux courses organisées à Misano. Kenan Sofuoglu a complété le triomphe Kawasaki en s’imposant en Supersport.

Les courses

Privé de victoire en Angleterre, le champion du monde en titre s’était promis de remettre les pendules à l’heure en Italie. Jonathan Rea a tenu parole. Le pilote Kawasaki s’en effet offert les deux courses organisées à Misano. S’il s’est imposé le samedi d’un simple souffle devant Sykes, il a nettement dominé son coéquipier le lendemain grâce à un judicieux choix de pneumatique.

« Il faisait plus frais dimanche et j’ai donc opté pour une gomme plus tendre, raconte Rea. On a aussi modifié les réglages de la moto en conséquence et tout s’est bien déroulé pour nous. Je suis vraiment content de gagner ici, car j’adore ce circuit et c’est aussi à Misano que j’ai gagné ma première course de Superbike. Faire le doublé, c’est génial. Il ne reste plus qu’une épreuve avant la trêve estivale, c’est important de consolider notre avance au classement général. »

Deux fois deuxième, Tom Sykes a dû faire contre mauvaise fortune bon cœur.

« Je suis bien sûr déçu de perdre du terrain au classement général, déclare le pilote Kawasaki. Néanmoins, finir deux fois deuxième après avoir décroché la pole, ça n’est pas non plus un mauvais résultat. Il reste encore cinq épreuves à disputer, le titre n’est pas joué. »

Tom Sykes GBR  Kawasaki ZX-10R   WSBK Misano 2016  PSP/ Lukasz Swiderek
Tom Sykes GBR/ Kawasaki ZX-10R/WSBK Misano 2016
PSP/ Lukasz Swiderek

En Supersport, Kenan Sofuoglu a lui aussi profité de son choix de pneu arrière pour s’imposer à deux tours de l’arrivée. En délicatesse avec une épaule qui doit être opérée dans les jours prochains, Randy Krummenacher a dû se contenter d’une cinquième place.

Le championnat

Avec son carton plein, Jonathan Rea creuse à nouveau l’écart en tête du championnat. Ce sont désormais soixante-six points qui séparent les deux pilotes Kawasaki. Tom Sykes compte pour sa part trente-trois points d’avance sur Chaz Davies, victime d’une chute en deuxième manche. Alors qu’il ne reste plus que cinq épreuves à disputer, les deux Britanniques continue à faire la course en tête. En Supersport, Kenan Sofuoglu consolide lui aussi son leadership. Le pilote turc possède aujourd’hui une avance de quarante points sur Randy Krummenacher qui conserve la deuxième place du classement général malgré les difficultés rencontrées en Italie.

L’histoire

Jonathan Rea GBR   WSBK Misano 2016  PSP/ Lukasz Swiderek
Jonathan Rea GBR / WSBK Misano 2016 / PSP/ Lukasz Swiderek

Même s’il a encore subi la loi de son coéquipier sur le circuit de Misano, Tom Sykes a écrit une nouvelle page d’histoire en Italie. Pour son 200e départ en WSBK, l’ancien champion du monde est en effet monté à deux reprises sur le podium, mais il a aussi et surtout décroché sur les bords de l’Adriatique sa 36e pole position, la cinquième de rang sur le tracé transalpin. Sykes est ainsi devenu le premier pilote à enchaîner cinq pole positions consécutives sur le même circuit ! Toujours aux avant-postes depuis ses débuts en championnat du monde en 2008, le pilote Kawasaki s’est par ailleurs élancé à Misano de la première ligne pour la 53e fois de sa carrière. Seuls trois pilotes ont fait mieux dans l’histoire de la discipline : Troy Corser (99), Carl Fogarty (60) et Troy Bayliss (55).

Endurance Moto – 12 h de Portimao, Juin 2016

Pas de pot à Portimao

Le Portugal n’a pas souri à l’équipe Kawasaki SRC. Pourtant qualifiés en pole position, Gregory Leblanc, Matthieu Lagrive et Fabien Foret ont été contraints à l’abandon peu après la mi-course à cause d’un problème mécanique.

Après sa victoire aux 24 Heures du Mans, l’équipe SRC Kawasaki comptait bien profiter des 12 Heures de Portimao pour consolider sa place de leader au classement du championnat du monde d’Endurance. Avec le meilleur temps des essais, Gilles Stafler se montrait optimiste.

« On a fini par trouver de bons réglages et notre équipage est très homogène, se réjouissait le patron de l’équipe Kawasaki. On a aussi l’avantage de rouler avec des pneus Pirelli bien adaptés à la piste portugaise puisque le championnat du monde Superbike fait régulièrement escale sur ce circuit. »

Malheureusement pour l’équipe varoise, la course avait décidé de choisir un tout autre scénario. Si Leblanc parvenait à boucler les treize premiers tours de course en tête, la #11 allait malheureusement vite perdre du terrain.

« Alors que nous avions effectué aux essais des relais de vingt-cinq tours sans problème, notre pneu arrière s’effondre après une dizaine de tours »,

déplorait Stafler après trois heures de courses. A cela est venu s’ajouter une consommation excessive et demeurée inexpliquée qui s’est traduite par une panne d’essence à l’approche de la quatrième heure de course.

Repartie en quatorzième position avec quatre tours de retard sur le leader, la #11 était revenue à la huitième place quand Leblanc était de nouveau contraint à s’arrêter sur le bord de la piste. Cette fois le mal était plus sérieux. Moteur cassé, la Kawasaki était en effet contrainte à l’abandon, laissant le GMT 94 filer vers la victoire.

« C’est la course, résumait Greg Leblanc sur le ton de la fatalité. Nous pouvions espérer remonter jusqu’à la cinquième place et sauver des points au championnat, ce ne sera malheureusement pas le cas. »

Malgré cet abandon, le team SRC Kawasaki ne rétrograde qu’à la deuxième place du classement général à six points du nouveau leader, l’équipe April Moto Motors Events.

Prochain rendez-vous fin juillet au Japon pour les Huit Heures de Suzuka.

Championnat du monde MotoGP – Grand Prix de Catalogne 2016

Le premier top dix de Miller

Jack Miller a conclu le Grand Prix de Catalogne en décrochant le premier top dix de sa carrière en MotoGP. Une performance que l’Australien a dédié à la mémoire de Luis Salom, décédé aux essais après une terrible chute.

Les courses

Malgré la douleur d’avoir perdu l’un des leurs aux essais, les pilotes ont unanimement décidé de prendre le départ de ce Grand Prix de Barcelone. La meilleure chose à faire pour honorer la mémoire du regretté Luis Salom. Sur un circuit modifié après le drame de vendredi, Jack Miller est parvenu à passer en dixième position sous le drapeau à damier.

« J’ai bien géré l’usure de mes pneumatiques sur une piste qui était très chaude, s’est félicité l’Australien qui n’avait encore jamais accroché un top dix depuis ses débuts en classe reine. J’ai exploité au mieux ma moto, et cela va me mettre en confiance pour la suite de la saison. »

Opéré d’une fracture de la clavicule il y a seulement deux semaines, Tito Rabat a quant à lui fait preuve de courage pour rallier l’arrivée. Il termine également dans les points avec une belle quatorzième place arrachée dans le dernier tour à Michele Pirro.

En Moto2, Alex Marquez était en lice pour son premier podium quand il a perdu le contrôle de sa Kalex sans la moindre alerte. L’ancien champion du monde Moto3 a pu repartir pour finir dix-huitième. En difficulté avec le grip de son pneu arrière, Franco Morbidelli s’est lui classé onzième.

Le championnat

En inscrivant six points à Barcelone, Miller gagne deux places au classement général du championnat MotoGP. Le voilà désormais vingtième à cinq points de son coéquipier qui, lui, n’avait plus marqué de points depuis la course à Austin.

En Moto2, Morbidelli se retrouve dixième du classement général, mais avec seulement dix points de retard sur le cinquième.

Vingt-deuxième, Marquez n’est pour sa part plus rentré dans les points depuis le Grand Prix des Amériques au Texas.

L’histoire

Le championnat du monde MotoGP a été endeuillé à Barcelone par la tragique disparition de Luis Salom, jeune pilote espagnol de 24 ans qui courait en catégorie Moto2. Luis a été victime d’un terrible accident, vendredi après-midi, durant la deuxième séance d’essais libre. Après en avoir perdu le contrôle à l’entrée du virage douze, il a violemment percuté sa moto en glissant dans les protections gonflables placées contre le muret extérieur. Malgré l’intervention immédiate des secours, il n’a pu être réanimé.

Après Daijiro Kato en 2003, Shoya Tomisawa en 2010 et Marco Simoncelli en 2011, Luis Salom est le quatrième pilote à perdre la vie en treize ans.

Suite à ce drame, les organisateurs ont décidé de poursuivre le programme du Grand Prix de Catalogne non sans avoir au préalable consulté la famille. Toutefois, le tracé du circuit a été modifié par mesure de sécurité, la direction de course ayant décidé en accord avec les pilotes d’adopter la configuration habituellement réservée au Grand Prix de Formule 1.-