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COMBATTIFS, LES ROUGES ARRACHENT DES POINTS PRÉCIEUX AVEC C3 WRC EN SARDAIGNE

Si le résultat final du Citroën Total World Rally Team était compromis depuis le premier jour de course, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia n’en ont pas moins rappelé que leur niveau de compétitivité restait intact, avec le deuxième temps dans la Power Stage synonyme de quatre points bonus, tandis qu’Esapekka Lappi et Janne Ferm ralliaient l’arrivée au septième rang après deux dernières étapes bien gérées.

Après leur erreur survenue le premier jour (ES 5), alors qu’ils tentaient de minimiser le handicap conséquent d’avoir à ouvrir la piste sur ces chemins techniques très sensibles au balayage, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia, contraints de recourir au Rally 2, n’avaient d’autre ambition sur cette courte dernière étape (41,90 km) que d’essayer de glaner quelques points dans la Power Stage de Sassari – Argentiera. Une nouvelle fois particulièrement combattifs, les sextuples champions du monde français arrachaient quatre points, qui leurs valent de pointer désormais au deuxième rang du classement provisoire du championnat du monde, à quatre unités du premier.

Bien qu’en deçà des espérances du Citroën Total World Rally Team, ce résultat aura pour effet bénéfique de les voir disposer de routes balayées par un concurrent à la reprise des hostilités en Finlande (1-4 août), après une coupure estivale qui sera assurément mise à profit par l’équipe des Rouges pour redoubler d’efforts en vue de la deuxième partie de saison.

Sur terre, la première étape se révèle déterminante car elle détermine l’ordre des départs pour la suite, et Esapekka Lappi et Janne Ferm allaient hélas le constater à leurs dépens. Ils figuraient en 6e position et prenaient progressivement leurs marques, lorsqu’ils lâchaient près de 40’’ dans le décoincement d’un pneu (ES 4). Malgré tous les efforts déployés ensuite à bord de C3 WRC pour remonter (scratch dans l’ES5, 2e temps à seulement 0,1’’ dans l’ES 9), ils ne pouvaient faire mieux que 8e à l’issue de cette étape inaugurale, suite aussi à un problème de capteur (ES 6). Condamnés dès lors à un ordre de départs défavorable pour le samedi, ils n’en menaient pas moins une deuxième journée régulière, exempte de la moindre erreur, pour continuer à se familiariser avec C3 WRC sur terre et récupéraient la 7e position à la faveur des faits de course. C’est à cette même place qu’ils concluaient cette ultime journée. Cette course, abordée intelligemment dès lors qu’ils n’avaient plus la possibilité de s’exprimer, leur servira à coup sûr pour aborder le prochain rendez-vous, sur leurs terres finlandaises, dans de meilleures dispositions.

RÉACTIONS DE…

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT

« On a parfois des weekends sans en sport automobile, celui-ci en était clairement un, et il est maintenant temps de se concentrer sur l’avenir. En partant devant, on pouvait sans doute malgré tout espérer finir autour de la cinquième place, donc mes erreurs nous coûtent quelques points. Mais tout reste hyper serré au championnat, même si je ne suis pas du style à me réjouir des malheurs des autres, en particulier lorsqu’il s’agit d’Ott. Je vais désormais prendre des vacances, me ressourcer et on reviendra en Finlande en essayant de faire bien mieux. »

Esapekka Lappi, Pilote du Citroën Total WRT

« Ce n’est évidemment pas le résultat que nous espérions. Notre première journée mal négociée a grandement conditionné le reste de notre week-end. Elle nous a empêché de disposer ensuite d’un ordre de départs permettant de nous mettre en valeur et de remonter sur ce terrain qui évolue énormément de voiture en voiture. D’autant que nous avons aussi fait un mauvais choix de pneus le samedi matin. Mais au moins voyons-nous l’arrivée et nous allons dès à présent nous remettre au travail pour revenir plus forts à domicile en Finlande. »

DEUX QUESTIONS À PIERRE BUDAR, DIRECTEUR DE CITROËN RACING

Quelle analyse faites-vous de ce week-end de course en Sardaigne ?
Le résultat n’est évidemment pas celui escompté, même si nous savions qu’en partant premiers sur cette manche où le balayage est massif, Sébastien et Julien n’auraient pas la partie facile. On ne peut pas les blâmer pour leurs erreurs tant ils sont d’ordinaire irréprochables. D’autant qu’ils se sont bien repris en faisant preuve d’une sacrée pugnacité dans la Power Stage. La première journée en demi-teinte d’Esapekka et Janne a malheureusement eu des conséquences sur la suite de leur week-end, en les contraignant à faire la trace pour les suivants. En Sardaigne, c’est un handicap quasi insurmontable. Mais ils ont intelligemment su composer avec la frustration générée pour accumuler des kilomètres à bord de C3 WRC, voir l’arrivée et repartir du bon pied en vue de la Finlande, où on sait qu’ils ont clairement le potentiel pour faire de très belles choses.

Avec un championnat aussi serré, la trêve estivale s’annonce studieuse…
En effet, la combativité de Sébastien et Julien, associée à l’issue rocambolesque de cette épreuve, font que tout reste ouvert au championnat. Cela ne change en rien la manière dont nous appréhendons notre campagne en WRC, nous allons continuer à mettre toutes nos forces dans la bataille ! Nous sommes en essais dès la semaine prochaine, et vous pouvez compter sur nous pour redoubler d’efforts afin d’offrir à nos pilotes la meilleure arme possible pour la deuxième partie de saison.

LE TEMPS FORT DU WEEK-END

Décrite par certains comme une spéciale de rallye-raid, tant elle est cassante, la Power stage de Sassari – Argentiera (6,89 km) a une nouvelle fois vu Sébastien Ogier et Julien Ingrassia, pourtant premier équipage WRC à s’élancer, effectuer une prestation majuscule.

Sébastien Ogier avait prévenu, la tâche s’annonçait ardue en Power Stage, tant le terrain, propice au balayage, devait gagner en adhérence au fil des passages. Sur pareil terrain sablonneux, où les rails se creusent, la prise de risques pouvait faire la différence. Sébastien et Julien y faisaient preuve d’un engagement extrême, que les images de caméras embarquées dirigées sur leurs visages ne pouvaient que trahir. Leur pilotage, d’ordinaire si propre, se révélait extrêmement agressif, mais cela faisait la différence à l’arrivée ! Seul Andreas Mikkelsen, pourtant parti cinq voitures après lui, se révélait plus rapide d’à peine plus de deux secondes. Les quatre points remportés de haute lutte à cette occasion pourraient se révéler déterminants à l’heure du bilan final.

CLASSEMENT FINAL PROVISOIRE

1- Sordo / Del Barrio (Hyundai i20 WRC) 3h32’27’’2
2- Suninen / Lehtinen (Ford Fiesta WRC) +13’’7
3- Mikkelsen / Jaeger (Hyundai i20 WRC) +32’’6
4- Evans / Martin (Ford Fiesta WRC) +33’’5
5- Tänak / Järveoja (Toyota Yaris WRC) +1’30’’1
6- Neuville / Gilsoul (Hyundai i20 WRC) +2’06’’7
7- Lappi / Ferm (Citroën C3 WRC) + 2’59’’6
8- Meeke / Marshall (Toyota Yaris WRC) +4’40’’1
42- Ogier / Ingrassia (Citroën C3 WRC) +1h22’58’’5

CHAMPIONNAT DU MONDE PILOTES

1- Ott Tänak – 150 points
2- Sébastien Ogier – 146 points
3- Thierry Neuville – 143 points
4- Elfyn Evans – 78 points
5- Teemu Suninen – 62 points
6- Kris Meeke – 60 points
7- Andreas Mikkelsen – 56 points
8- Dani Sordo – 52 points
9- Esapekka Lappi – 40 points
10- Jari-Matti Latvala – 40 points
* sous réserve de la publication du classement par la FIA

CHAMPIONNAT DU MONDE CONSTRUCTEURS

1- Hyundai WRT – 242 points
2- Toyota Gazoo Racing – 198 points
3- Citroën Total WRT – 170 points
4- M-Sport Ford WRT – 152 points

CITROËN TRUSTE LES PODIUMS !

Éloignés de la lutte pour la victoire par leurs positions successives en piste, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia n’en ont pas moins jamais renoncé, et ils ont vu leur combativité justement récompensée par leur 6e podium cette saison, le 7e du Citroën Total World Rally Team en autant de rendez-vous. Particulièrement méritants jusqu’alors, Esapekka Lappi et Janne Ferm se sont hélas fait piéger pour le compte en vue de l’arrivée.

Avec seulement quelque cinquante-deux kilomètres au programme du jour, sur des spéciales très bien connues de tous, les chances de voir Sébastien Ogier et Julien Ingrassia combler l’écart de 11’’8 les séparant du podium étaient infimes. Aussi, les porte étendard du Citroën Total WRT se concentraient sur la Power Stage, qui donne lieu à attribution de points bonus, tout en restant à l’affut d’une erreur d’une concurrence sous pression. Elle se produisait dans la dernière ES et permettait à l’équipage français de se hisser en 3e position, et accrocher ainsi son 6e podium cette saison, le 7e du Citroën Total WRT, au terme d’une course encore très intelligemment menée. Avec les cinq unités supplémentaires glanées suite au scratch signé dans la Power Stage, Sébastien et Julien conservent les rênes du championnat.

Arrivés en leaders au Portugal, et donc contraints de s’élancer en premiers, les sextuples champions ne s’imaginaient pas limiter ainsi les dégâts à la vue des conditions particulièrement meubles et sèches rencontrées en reconnaissances. Ils allaient pourtant réaliser une première journée héroïque, ralliant le parc de fin d’étape à la 5e place à seulement 3’’ du podium, à l’issue notamment d’un pari pneumatique payant. Mais la différence de positions sur la route avec les autres prétendants au podium était telle le samedi qu’elle ne permettait pas à Sébastien et Julien de lutter à la régulière. D’où leur retard de 11’’8 sur le troisième, au moment d’entamer ce matin cette dernière journée.

Esapekka Lappi et Janne Ferm, pointés à seulement 2’’3 du 4e après l’ES 2, avaient également effectué une bonne entrée en matière, mais ils étaient hélas victime du décoincement d’un pneu à la réception d’une bosse (ES 3), et rétrogadaient au 8e rang au soir de la première étape. Mais ils allaient bluffer leur monde le samedi, en remontant 5e à la faveur notamment de trois 4e chronos, après avoir pourtant passé les deux tiers de la journée à s’élancer depuis une très handicapante 2e position. Malheureusement, une toute petite erreur dès l’entame du dimanche (ES 16) se révélait lourde de conséquences : une épingle droite, abordée un poil trop à la corde, les envoyait en tête à queue puis en tonneaux, et en voulant défendre leur 5e place dans l’ES suivante, ils heurtaient un talus, endommageaient la suspension arrière gauche et devaient renoncer en vue de l’arrivée.

RÉACTIONS DE…

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT « Je ne pensais pas pouvoir scorer vingt points ce week-end, et si la victoire n’a jamais été envisageable pour nous en raison de notre ordre de départs, nous avons à chaque fois tout donné quelles que soient les situations et ce résultat est une juste récompense. J’espérais effectivement ne pas ouvrir en Sardaigne, mais chaque point compte en fin de saison. Je suis satisfait de constater que nous étions compétitifs dans la Power Stage, qui était à peu près la seule spéciale du week-end où nous étions dans les mêmes conditions d’adhérence que nos rivaux. Cela signifie que l’on a aussi progressé en performance même si cela a été difficile de le montrer ce week-end vu les circonstances. »

Esapekka Lappi, Pilote du Citroën Total WRT « Après notre tonneau, la voiture n’avait pas trop de mal, si ce n’est qu’il lui manquait l’aileron. Je pensais retrouver un bon rythme dans la spéciale suivante mais je me suis montré trop optimiste sur un droite en ciel, j’ai tapé un talus, ce qui a aussitôt causé une crevaison, puis la rupture de la suspension. Il restait trop de kilomètres à parcourir avec une réparation de fortune. Je suis sincèrement désolé pour toute l’équipe qui méritait mieux. »

DEUX QUESTIONS À PIERRE BUDAR, DIRECTEUR DE CITROËN RACING

 

Sébastien Ogier et Julien Ingrassia ont encore fait preuve d’une parfaite gestion de la course ce week-end…

En effet ! Compte tenu de leur position sur la piste le premier jour, mais aussi les suivants, ils ont clairement fait fort à nouveau sur ce terrain où le balayage revêt une importance capitale. À défaut de pouvoir lutter à armes égales, ils ont su maintenir la pression, rester à l’affut et ils ont vu leur opiniâtreté récompensée avec ce nouveau podium, synonyme de points conséquents au championnat. Ils avaient de bonnes sensations à bord de C3 WRC, cela confirme également que nous avons effectué des progrès sensibles et que nous travaillons dans la bonne direction. Nous allons désormais continuer à redoubler d’efforts car nous serons encore de corvée de balayage en Sardaigne.

Malgré l’abandon d’aujourd’hui, il y a également des motifs d’espoir dans la prestation d’Esapekka Lappi et Janne Ferm…

On est effectivement déçus qu’ils n’aient pas rallié l’arrivée aujourd’hui suite à deux erreurs, d’autant plus après leur très belle journée d’hier. Après de très bons essais d’avant course où nous avons mis le doigt sur des réglages de différentiels qui leur conviennent mieux, ils étaient vraiment en train de construire quelque chose d’intéressant, et j’espère qu’ils pourront capitaliser là-dessus en Sardaigne. Nous allons à présent travailler ensemble et les accompagner pour qu’ils puissent mieux gérer ce genre de situations à l’avenir.

LE TEMPS FORT DU WEEK-END

 

Thomas Breton, l’ingénieur d’exploitation de Sébastien Ogier et Julien Ingrassia, revient sur l’incroyable performance réalisée par son équipage à l’occasion d’une première journée conclue à une cinquième place presque inespérée…

« Avec ce qui nous attendait ce week-end en termes de balayage, nous avions particulièrement axé notre travail, lors de nos essais préparatoires, sur l’optimisation de l’équilibre en conditions de faible grip. Et hormis la première ES du vendredi, où il leur a sans doute fallu prendre la mesure du degré de pollution, Seb et Julien ont été vraiment bluffants. Il faut dire aussi que dans ce premier chrono, Seb est par inadvertance passé en mode road, et le temps de réaliser, il a sans doute lâché deux secondes dans l’affaire. La deuxième boucle surtout a été très réussie, puisqu’ils étaient à seulement deux dixièmes au kilomètre du scratch. C’est sans doute aussi grâce à un choix de pneus payant. En raison de notre première position en piste, en raison également du fait que Seb est un pilote qui n’use pas les gommes, on s’est décalés un peu des autres dans notre stratégie l’après-midi en conservant deux Michelin médiums, malgré la chaleur élevée, quand tous optaient pour cinq durs. Mais encore fallait-il en faire bon usage ! On le voit aux acquisitions de données, Seb sait ne pas trop en faire quand ce n’est pas nécessaire et ça paie au chrono. »

CLASSEMENT FINAL PROVISOIRE

1 -Tänak / Järveoja (Toyota Yaris WRC) 3h20’22’’8
2 -Neuville / Gilsoul (Hyundai i20 WRC) +15’’9 
3 -Ogier / Ingrassia (Citroën C3 WRC) +57’’1
4 -Suninen / Salminen (Ford Fiesta WRC) +2’41’’5
5 -Evans / Martin (Ford Fiesta WRC) + 7’08’’3
6 -Rovanperä / Haltunen (Skoda Fabia R5) + 10’34’’2
7 -Latvala / Anttila (Toyota Yaris WRC) + 11’28’’2
8 -Kopecky / Dresler (Skoda Fabia R5) + 11’41’’9

CHAMPIONNAT DU MONDE PILOTES

1 -Sébastien Ogier – 142 points
2 -Thierry Neuville – 132 points
3 -Elfyn Evans – 65 points
4 -Kris Meeke – 56 points
5 -Teemu Suninen – 44 points
6 -Sébastien Loeb – 39 points
7 -Jari-Matti Latvala – 38 points
8 -Andreas Mikkelsen – 36 points
9 -Esapekka Lappi – 34 points

CHAMPIONNAT DU MONDE CONSTRUCTEURS

1 -Hyundai WRT – 202 points
2 -Toyota Gazoo Racing – 182 points
3 -Citroën Total WRT – 158 points
4 -M-Sport Ford WRT – 122 points

C3 WRC S’OFFRE UN SIXIÈME PODIUM CONSÉCUTIF, GRÂCE À LA 2E PLACE DE OGIER-INGRASSIA !

Une nouvelle fois à la pointe du combat pour leur découverte des difficultés chiliennes, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia ont continué leur impressionnante série de podiums, avec une deuxième place acquise de haute lutte au volant d’une C3 WRC encore optimisée par les hommes du Citroën Total World Rally Team depuis l’Argentine. Cette performance leur vaut de retrouver les commandes du championnat. De plus en plus à l’aise au fil des kilomètres, Esapekka Lappi et Janne Ferm, sixièmes au final, sont venus compléter la belle prestation d’ensemble de l’équipe.

Avec de nouvelles spéciales étroites et rapides à découvrir au rythme de course, cette dernière étape ne manquait déjà pas de difficultés, mais elle était encore davantage corsée par l’importante humidité, consécutive à la tombée d’une fine bruine depuis la veille. Dans ces conditions, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia voyaient le troisième revenir d’emblée à 1’’1. Les sextuples champions du monde allaient alors produire le genre de performances dont seuls eux ont le secret : à la faveur d’un engagement de tous les instants sur les 18,06 kilomètres de Lircay, soit l’ES la plus étroite du rallye, ils signaient leur deuxième scratch du week-end avec 4’’2 de marge sur leur rival. Le duo tricolore gérait dès lors l’écart, pour terminer à la deuxième place, et signer ainsi son cinquième podium en six courses, après les victoires du Monte-Carlo et du Mexique, la deuxième place corse et la troisième argentine.

Avec les quatre points également glanés dans la Power Stage, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia repartent du Chili aux commandes du championnat, nantis de dix unités d’avance sur le deuxième. Ce sixième podium en autant de manches cette saison, assorti à la 6e position de Lappi-Ferm, vaut également au Citroën Total World Rally Team de rester au contact du deuxième au classement constructeurs. • Sur des pistes en sous-bois gorgées d’humidité par les précipitations d’avant départ, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia s’étaient immédiatement positionnées en dauphins le premier jour. Et si la matinée du deuxième s’était révélée plus difficile, ils avaient, en collaboration avec l’équipe, parfaitement su réagir l’aprèsmidi venue, avec notamment un scratch et un troisième temps, pour doubler leur avantage sur le troisième. C’était hélas sans compter sur le brouillard et la pluie apparus tardivement dans la dernière spéciale d’hier, qui avait ainsi remis leur rival dans le match à l’orée de cette dernière journée.

Après une entame de course prudente et appliquée, Esapekka Lappi et Janne Ferm étaient revenus à seulement 10’’3 du cinquième suite à un 3e temps dans l’ultime ES d’hier. Ils confirmaient leur montée en puissance régulière aujourd’hui, en s’emparant notamment d’un cinquième puis d’un quatrième temps. Leurs temps partiels étaient également prometteurs dans la Power Stage avant une petite erreur, il n’empêche qu’ils finissaient sixièmes. Soit un résultat encourageant sur lequel ils vont désormais pouvoir capitaliser, afin d’entamer la prochaine manche au Portugal dans de meilleures dispositions.

En bagarre à la seconde pour la suprématie en WRC2 Pro jusqu’à ce qu’un petit souci de freins ne les handicape sur la boucle matinale du samedi, Mads Ostberg et Torstein Eriksen devaient finalement se contenter de la 2e place de catégorie. Mais les Norvégiens n’en ont pas moins signé douze meilleurs temps sur seize possibles, preuve encore de la compétitivité de C3 R5.

RÉACTIONS DE…

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT «Avec ce nouveau podium, nous confirmons notre très bon début de saison, très régulier et effectuons une belle opération pour le championnat. Cela n’a pas été un week-end facile néanmoins, même si les choses sont allées dans le bon sens après l’assistance du samedi midi. Nous avons encore une fois tiré le meilleur parti de C3 WRC. Nous devons désormais la faire évoluer encore pour être plus compétitifs dans les situations de faible niveau d’adhérence. »

Esapekka Lappi, Pilote du Citroën Total WRT « Le début de course a été difficile pour nous, mais nous sommes parvenus à progresser étape par étape, nous avons également su améliorer avec l’équipe les réglages de C3 WRC, si bien que notre rythme commençait à être correct aujourd’hui. J’ai bon espoir que nous continuions dans cette voie dès nos prochains essais. En tout cas, ce week-end est positif pour ma confiance.»

DEUX QUESTIONS À PIERRE BUDAR, DIRECTEUR DE CITROËN RACING

Quel bilan dressez-vous de cette sixième manche ?
Il est clairement positif, avec cette belle deuxième place conquise par Sébastien et Julien à l’issue d’une prestation encore tout à l’attaque, sur ce terrain complètement nouveau qui nécessitait une bonne dose d’adaptation. Ils sont récompensés de leur persévérance en reprenant ainsi la tête du championnat. L’autre motif de satisfaction concerne aussi les sensations retrouvées d’Esapekka et Janne, lesquels ont su preuve faire d’intelligence et de maturité pour terminer, après une course menée crescendo. C’est de bon augure pour la suite, d’autant que l’on va désormais arriver sur des épreuves qu’ils connaissent mieux. Je retiens également que nous avons su réagir et apporter quelques petites évolutions concluantes dans le court laps de temps dont nous disposions depuis l’Argentine. Nous avons toutefois pleinement conscience que ce n’est pas encore suffisant pour lutter avec les plus rapides dans toutes les conditions, et nous allons encore intensifier nos efforts pour continuer à progresser.

Qu’avez-vous pensé de cette première édition du rallye du Chili ?
Cette épreuve a fait une entrée réussie dans le championnat ! Pour avoir parcouru les spéciales en reconnaissances, je dois reconnaître qu’elles sont particulièrement jolies et offrent un superbe terrain de jeu à la fois roulant et très varié. De surcroît, nous avons eu un excellent accueil de la part de la population locale, qui s’est particulièrement enthousiasmée pour les cérémonies de départ et d’arrivée, mais s’est aussi déplacée en nombre sur le parc d’assistance.

LE TEMPS FORT DU WEEK-END

En creusant un écart de 4’’2 et entérinant ainsi leur deuxième place ce dimanche dans l’ES 14 de Lircay, soit le chrono le plus étroit du rallye, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia ont une nouvelle prouvé leur faculté à prendre des notes d’une précision ultime, en même temps que leur capacité à frapper fort au moment opportun. Le pilote de la C3 WRC flanquée du numéro 1 raconte…
« Avec Julien, on s’est donnés à fond dans toutes les spéciales, ça c’est évident. Si on n’est pas forcément encore capables de rivaliser avec les meilleurs quand c’est technique et à faible grip, je savais en revanche que les ES 14 et 15 avaient un profil qui nous convenaient mieux. Elles étaient rapides, les moyennes horaires étaient d’ailleurs pour la première fois du week-end supérieures à 100 km/h, or on sait que C3 WRC marche bien dans ces conditions et il ne fallait donc pas laisser passer l’occasion ! D’autant que l’on venait de concéder 4’’ d’un coup dans le premier chrono du jour. On devait réagir et on l’a fait. »

CLASSEMENT FINAL PROVISOIRE

1. Tänak / Järveoja (Toyota Yaris WRC) 3h15’53’’8
2. Ogier / Ingrassia (Citroën C3 WRC) +23’’1
3. Loeb / Elena (Hyundai i20 WRC) +30’’2
4. Evans / Martin (Ford Fiesta WRC) +1’36’’7
5. Suninen / Salminen (Ford Fiesta WRC) +3’15’’6
6. Lappi / Ferm (Citroën C3 WRC) +3’45’’4
7. Mikkelsen / Jaeger (Hyundai i20 WRC) +4’39’’0
8. Meeke / Marshall (Toyota Yaris WRC) + 7’33’’4
9. Rovanperä / Halttunen (Skoda Fabia R5) + 7’52’’5
10.Ostberg / Eriksen (Citroën C3 R5) +8’16’’1

CHAMPIONNAT DU MONDE PILOTES

1. Sébastien Ogier – 122 points
2. Ott Tänak – 112 points
3. Thierry Neuville – 110 points
4. Kris Meeke – 59 points
5. Elfyn Evans – 55 points
6. Sébastien Loeb – 39 points
7. Andreas Mikkelsen – 36 points
8. Esapekka Lappi – 34 points
9. Jari-Matti Latvala – 32 points
10. Teemu Suninen – 30 points

CHAMPIONNAT DU MONDE CONSTRUCTEURS

1. Hyundai WRT – 178 points
2. Toyota Gazoo Racing – 149 points
3. Citroën Total WRT – 143 points
4. M-Sport Ford WRT – 100 points

5e PODIUM CONSÉCUTIF POUR C3 WRC, AVEC LA 3E PLACE D’OGIER-INGRASSIA EN ARGENTINE

Une nouvelle fois héroïques, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia sont allés chercher leur quatrième podium cette saison, le cinquième pour Citroën Total World Rally Team en 2019, au terme d’un dernier chrono de haute volée ! 

Une pénalité pour non respect de la route de course ayant été infligée tardivement à l’un de leurs concurrents directs pour le podium, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia attaquaient cette dernière étape en 3e position. Avec une marge minime de 6’’0 au moment de négocier les spéciales toujours très cassantes d’El Condor et Giulio Cesare. Fidèles à leur tempérament de battants, les sextuples champions du monde opposaient une farouche résistance à bord de C3 WRC, tout en gardant en permanence à l’esprit l’importance de marquer de gros points au championnat, et ils allaient être récompensés de leurs efforts : un scratch dans la Power Stage, leur troisième du week-end, leur permettait de conserver leur bien pour 1’’4 ! 

La 3e position finale de Sébastien et Julien, assortie aux cinq points bonus glanés dans la Power Stage, leur vaut de conforter leur deuxième place au classement provisoire du championnat du monde, à dix unités du leader. Il s’agit de leur quatrième podium cette année, après les victoires du Monte-Carlo et du Mexique, et la deuxième place corse. C’est également la cinquième fois cette saison que Citroën Total World Rally Team figure dans les trois premiers, en autant d’événements.

Malgré des conditions d’adhérence particulièrement changeantes le premier jour, suite aux fortes pluies d’avant rallye, le duo français, très régulier, avait réalisé une excellente entame, en se classant 2e à seulement 11’’9 du leader. Mais la deuxième étape s’était avérée plus compliquée : induits en erreur sur la boucle matinale (ES 11) par un portail resté ouvert, alors que le roadbook prévoyait qu’il soit fermé, Sébastien et Julien avaient alors endommagé la direction assistée de C3 WRC dans un contact et chuté en 6e position, à 21’’8 du podium. Ils avaient ensuite réagi en champions sur la deuxième boucle, avec notamment deux scratches, qui leur avait permis de conserver toutes leurs chances de podium à l’orée de cette ultime journée.

Auteurs d’une bonne entrée en matière avec un 5e temps sur la première véritable spéciale du rallye (ES 2), Esapekka Lappi et Janne Ferm étaient hélas ralentis dans la foulée par une crevaison (ES 4) après s’être appuyés sur un talus. Pour leur deuxième participation en Argentine seulement, ils étaient en train de monter progressivement en régime, en attestent leurs temps intermédiaires prometteurs, lorsque le décoinçage soudain d’un pneu suite à une crevaison, les envoyait en tonneaux (ES 8) et les contraignait à un retrait prématuré dès le premier jour de course.

Engagés en WRC2 Pro avec C3 R5, Mads Ostberg et Torstein Eriksen s’adjugeaient leur deuxième victoire de catégorie consécutive après la Suède, non sans s’être emparé de dix meilleurs temps sur dix-sept possibles. Preuve de la compétitivité du produit compétition clients phare de Citroën Racing sur ce terrain très exigeant où C3 R5 roulait pour la première fois.

RÉACTIONS DE…

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT « Le bilan comptable est assez bon mais on ne peut pas se réjouir de notre niveau de performance pure. Il y a certaines conditions comme celles rencontrées au Mexique ou ici sur les deuxièmes tours, où nous sommes plutôt compétitifs. Mais nous devons progresser lorsqu’il y a moins de grip ou bien que c’est technique. Je suis content de voir notre abnégation récompensée, car nous n’avons encore une fois jamais rien lâché ce week-end. »

Esapekka Lappi, Pilote du Citroën Total WRT « Malgré ma faible connaissance du terrain, j’espérais clairement mieux de ce rendez-vous, mais après une crevaison, je me suis fait surprendre par le décoinçage soudain du pneu, ce qui nous a fait souvirer, taper un talus et nous a envoyé en tonneaux. Je suis désolé évidemment pour l’équipe, mais après quelques jours de repos en famille, nous serons à nouveau d’attaque avec Janne pour réaliser le meilleur rallye du Chili possible, où nous serons tous à égalité en termes d’expérience.»

DEUX QUESTIONS À PIERRE BUDAR, DIRECTEUR DE CITROËN RACING

Quelle est votre analyse de votre prestation argentine ?

C’était clairement un week-end difficile, dont on ne peut se satisfaire. Les points de la troisième place et de la Power Stage sont plutôt positifs dans l’optique du championnat, mais nous avons manqué de rythme sur ces pistes. C’est avant tout Sébastien et Julien qui sont allés chercher ce résultat, au prix d’un engagement de tous les instants. Esapekka et Janne quant à eux, auraient mérité de voir le terme du rallye, pour continuer à engranger de l’expérience. Peut-être à l’avenir gèreront-ils différemment une crevaison, toujours est-il que nous sommes à 200 % derrière eux afin de leur permettre de repartir du bon pied dès le Chili.

Comment abordez-vous l’enchaînement avec le rallye du Chili ?

Nous allons tout d’abord expédier au Chili la voiture de secours prévue pour Esapekka et Janne, afin qu’ils disposent d’une monture entièrement neuve. Malgré le peu de temps dont on dispose, nous allons également nous mettre en ordre de marche pour optimiser autant que possible C3 WRC dans des conditions bien identifiées, et définir ainsi le meilleur set-up pour cet événement nouveau pour tous, qui sera aussi assez différent de ce que l’on a connu ce week-end. Nous sommes en tout cas gonflés à bloc pour continuer à batailler ferme pour le championnat.

LE TEMPS FORT DU WEEK-END

Chef mécanicien de Sébastien Ogier et Julien Ingrassia, Jean-Luc Gaucher était l’homme orchestre lors de l’assistance du samedi midi qui a vu les mécaniciens des Rouges remettre à neuf la C3 WRC flanquée du numéro 1. Il raconte comment ils ont réparé en seulement quarante minutes la direction assistée brisée par l’équipage tricolore dans une touchette.

« Nous avions tout un tas d’éléments à remplacer, la direction assistée complète évidemment, mais également la boîte de vitesses, le bloc hydraulique ou encore l’embrayage. Or ce genre d’interventions nécessite d’être bien réfléchie en amont, pour que tout le monde sache dans quel ordre procéder et que les choses soient fluides une fois dans le feu de l’action. Avec plus qu’une seule voiture en course, nous avions la possibilité de mettre nos huit mécaniciens autorisés à contribution, mais d’un autre côté, on ne pouvait pas physiquement être plus de quatre à travailler sur l’avant de la voiture, dans la zone critique. Même si l’on est entraînés à ce genre de situation, c’est toujours une satisfaction de voir que les choses se passent bien le jour J. Il était important de remettre la voiture en route au plus vite, car quand on touche ainsi à l’hydraulique, la procédure de redémarrage nécessite tout de même un peu de temps, et c’est ce que nous sommes parvenus à faire. Mais après une telle assistance, il y a toujours la crainte d’avoir laissé passer quelque chose, du coup cela nous a fait plaisir à tous, et rassuré aussi, de voir Sébastien et Julien, enchainer avec deux scratches consécutifs derrière ! »

CLASSEMENT FINAL PROVISOIRE
1. Neuville / Gilsoul (Hyundai i20 WRC) 3h20’54’’6
2. Mikkelsen / Jaeger (Hyundai i20 WRC) +48’’4
3. Ogier / Ingrassia (Citroën C3 WRC) +1’04’’8
4. Meeke / Marshall (Toyota Yaris WRC) +1’06’’2
5. Latvala / Anttila (Toyota Yaris WRC) +1’21’’1
6. Sordo / Del Barrio (Hyundai i20 WRC) +1’26’’7
7. Suninen / Salminen (Ford Fiesta WRC) +4’57’’3
8. Tänak / Järveoja (Toyota Yaris WRC) +14’24’’8
9. Ostberg / Eriksen (Citroën C3 R5) +14’28’’5

CHAMPIONNAT DU MONDE PILOTES
1. Thierry Neuville – 110 points
2. Sébastien Ogier – 100 points
3. Ott Tänak – 82 points
4. Kris Meeke – 54 points
5. Elfyn Evans – 43 points
6. Andreas Mikkelsen – 30 points
7. Jari-Matti Latvala – 28 points
8. Esapekka Lappi – 26 points
9. Dani Sordo – 26 points
10. Sébastien Loeb – 22 points

CHAMPIONNAT DU MONDE CONSTRUCTEURS
1. Hyundai WRT – 157 points
2. Toyota Gazoo Racing – 120 points
3. Citroën Total WRT – 117 points
4. M-Sport Ford WRT – 78 points

QUATRIÈME PODIUM CONSÉCUTIF POUR C3 WRC, AVEC LA DEUXIÈME PLACE D’OGIER-INGRASSIA EN CORSE !

Particulièrement opiniâtres, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia ont signé en Corse leur troisième podium de la saison, le quatrième consécutif en autant de manches cette année pour Citroën Total World Rally Team, et les points gagnés à cette occasion leur permettent de revenir à seulement deux unités de la tête du championnat du monde.Septièmes, Esapekka Lappi et Janne Ferm ont contribué à conforter la deuxième place des Rouges au classement constructeurs et accumulé des kilomètres importants avec C3 WRC sur l’asphalte pur.

Disposant de 5’’1 seulement d’avance sur leur plus proche poursuivant ce matin, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia sécurisaient immédiatement leur troisième place en portant leur avantage à près de trente secondes au terme de l’ES 13, première et plus longue (31,85 km) spéciale du jour. Dans le cadre idyllique de la Power Stage, disputée sur la route du Fango avec la Méditerranée en toile de fond, ils faisaient une nouvelle fois l’étalage de leur combativité avec un 5e temps synonyme de 1 point supplémentaire, tandis qu’un ultime fait de course leur valait de grimper en 2eposition. Ils reviennent ainsi à seulement deux unités du leader du championnat du monde, ce qui leur vaudra de ne pas ouvrir la piste en Argentine (25-28 avril) pour le prochain rendez-vous. 

Aux prises avec des réglages imparfaits le premier jour, et empêchés d’y remédier complètement par l’absence d’assistance de mi-étape, les sextuples champions du monde tiraient alors le meilleur parti possible de la situation en ralliant le parc de fin de journée à la 6eplace, à seulement 10’’2 du 4e. Ils allaient se montrer carrément héroïques le lendemain sur les deux passages dans la toute nouvelle ES de la Castagniccia : faisant parler leur sens de l’attaque sur ces routes plus sales et usées, leur faculté également à avoir de bonnes notes dès le premier passage en course, ils compensaient pour s’octroyer un 3epuis un 2etemps. Ce sont ces performances qui leur avaient alors permis de faire leur retour sur le podium à la veille de cette dernière étape.

En s’adjugeant cette 2e position avec C3 WRC, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia grimpent pour la troisième fois sur le podium cette année en quatre courses. Quatre épreuves qui ont vu à chaque fois Citroën Total World Rally Team figurer sur les deux premières marches, avec les victoires du Monte-Carlo et du Mexique (Ogier-Ingrassia), et donc les 2eplaces de Suède (Lappi-Ferm) et de Corse, si bien que l’équipe de Satory conforte sa place de dauphin au classement du championnat du monde constructeurs. 

Également en difficultés avec les réglages de C3 WRC, Esapekka Lappi et Janne Ferm se retrouvaient rapidement dans une situation ne leur permettant pas d’espérer remonter, et mettaient dès lors à profit les kilomètres restants pour balayer la palette de réglages de C3 WRC et engranger ainsi de l’expérience à son volant sur le bitume. Avec la 7e place obtenue, ils apportaient leur contribution au résultat d’ensemble de l’équipe et voyaient leur abnégation récompensée.

RÉACTIONS DE…

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT

« Le bilan est positif sur le plan comptable, avec dix-neuf points engrangés au terme d’une épreuve difficile. D’un autre côté, nous avons vraiment souffert en performance pure et il nous faut comprendre pourquoi, afin que ça ne se reproduise plus sur cette surface, jusqu’alors favorable à la C3 WRC. Je suis satisfait en tout cas d’être parvenu à tirer le maximum de la voiture dont je disposais et de ne pas avoir à ouvrir la route sur la terre argentine. »

Esapekka Lappi, Pilote du Citroën Total WRT

« On avait tous de grands espoirs en venant ici, aussi on ne peut évidemment pas se contenter de ce résultat. Nous avons manqué de performance, et pâti de pas mal de sousvirage, tout au long du week-end. Nous allons travailler dur pour rectifier le tir sur les prochaines échéances asphaltes, en Allemagne, puis Espagne. En attendant, j’ai hâte de retrouver la terre en Argentine. »

DEUX QUESTIONS À PIERRE BUDAR, DIRECTEUR DE CITROËN RACING

Quel bilan tirez-vous de ce Tour de Corse ?

Le bilan comptable est positif puisque nous confortons nos deuxièmes positions aux classements provisoires des championnats pilote et constructeur. Mais on ne peut évidemment pas se satisfaire de notre niveau de performance du week-end. Il nous manquait à chaque fois un petit quelque chose, aussi nous allons dès à présent tout décortiquer pour comprendre l’origine de cette méforme, afin de retrouver la compétitivité qui était la nôtre sur l’asphalte, lors des prochains rendez-vous en Allemagne puis Espagne. Je tiens toutefois à saluer la réaction de mon équipe dans la difficulté, elle ne s’est jamais démobilisée, cherchant à apporter toutes les solutions possibles à nos équipages. Nous avons progressé au fil du week-end, et c’est en conservant cet état d’esprit que nous allons continuer à le faire pour revenir plus forts. 

Comment qualifierez-vous la prestation de vos équipages ?

La marque des très grands, c’est de savoir répondre présents même lorsque toutes les conditions ne sont pas réunies pour être compétitifs. C’est en ramenant un tel résultat d’un week-end pourtant difficile qu’un championnat se gagne, Sébastien et Julien le savent pertinemment, et ils ont à nouveau fait l’étalage de leur épatante faculté à ne jamais s’avouer vaincus. Ce podium, c’est d’abord le leur, ils sont allés le chercher avec la manière dans la Castagniccia, tout en se montrant très réguliers par ailleurs. Esapekka et Janne n’ont pas démérité non plus, ils ont juste moins d’expérience pour l’instant de ce genre de situations, mais je suis convaincu que dès lors que nous leur fournirons une monture à la hauteur, ils retrouveront la pointe de vitesse qu’on leur connaît.

LE TEMPS FORT DU WEEK-END

Ex-pilote en WRC et ouvreur de Sébastien Ogier et Julien Ingrassia aux côtés de Benjamin Veillas ce week-end, Simon Jean-Joseph revient sur la performance réalisée à deux reprises le samedi par l’équipage tricolore, dans la spéciale de la Castagniccia.

« Pour nous ouvreurs, les deux passages dans la Castagniccia constituaient vraiment les seules spéciales où nous avons eu beaucoup de travail de corrections ce week-end. Et là, au-delà du talent pur, de la combativité, de la détermination de Seb et Julien, je pense que c’est leur système de notes très précis qui fait leur force. Dans ce genre de conditions sales et difficiles, ils ont des variations dans la description de la route qui leur permettent de se sécuriser et de donner toute la mesure de leur potentiel. Pour nous ouvreurs, il s’agit dès lors de bien sentir les choses, de mettre les corrections au bon endroit, sans surcharger les notes. Mais derrière, c’est un exploit de la part de Julien d’arriver à dicter toutes les nuances vu la vitesse à laquelle ça déboule, et de celle de Seb, d’arriver à tout ingurgiter. » 

CLASSEMENT FINAL PROVISOIRE

1. Neuville / Gilsoul (Hyundai i20 WRC) 3h22’59’’0
2. Ogier / Ingrassia (Citroën C3 WRC) +40’’3
3. Evans / Martin (Ford Fiesta WRC) +1’06’’6
4. Sordo / Del Barrio (Hyundai i20 WRC) +1’18’’4
5. Suninen / Salminen (Ford Fiesta WRC) +1’24’’6
6. Tänak / Järveoja (Toyota Yaris WRC) +1’40’’0
7. Lappi / Ferm (Citroën C3 WRC) +2’09’’1
8. Loeb / Elena (Hyundai i20 WRC) +3’39’’2
9. Meeke / Marshall (Toyota Yaris WRC) +5’06’’3
10. Latvala / Anttila (Toyota Yaris WRC) +6’44’’6

CHAMPIONNAT DU MONDE PILOTES

1. Thierry Neuville – 82 points
2. Sébastien Ogier – 80 points
3. Ott Tänak – 77 points
4. Elfyn Evans – 43 points
5. Kris Meeke – 42 points
6. Esapekka Lappi – 26 points
7. Sébastien Loeb – 22 points
8. Dani Sordo – 16 points
9. Jari-Matti Latvala – 15 points
10. Teemu Suninen – 14 points

CHAMPIONNAT DU MONDE CONSTRUCTEURS

1. Hyundai WRT – 114 points
2. Citroën Total WRT – 102 points
3. Toyota Gazoo Racing – 98 points
4. M-Sport Ford WRT – 70 points

C3 WRC MET LE CAP SUR L’ÎLE DE BEAUTÉ

62e Tour de Corse (28-31 mars) – Présentation

Première manche de la saison courue sur de l’asphalte pur, ce quatrième rendez-vous du championnat du monde des rallyes constitue aussi l’épreuve nationale du Citroën Total World Rally Team. D’où les grandes ambitions affichées par Sébastien Ogier – Julien Ingrassia et Esapekka Lappi – Janne Ferm, ses équipages, d’autant que le remodelage important du tracé n’est pas pour leur déplaire.

Vainqueurs sortants d’une épreuve qu’ils ont menée de bout en bout l’an passé, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia, les fers de lance du Citroën Total World Rally Team, débarquent sur l’île de Beauté avec la ferme intention d’accrocher une troisième victoire en quatre courses cette saison, après le Monte-Carlo et le Mexique. D’autant que les Français, également victorieux du Tour de Corse 2016 au tracé alors déjà sérieusement renouvelé, ont démontré par le passé leur aptitude à prendre de bonnes notes en seulement deux passages de reconnaissances, puis à se lâcher d’entrée de jeu sur les routes de plus en plus larges utilisées par le rallye insulaire. L’étape dominicale du Monte-Carlo disputée sur bitume sec, a par ailleurs confirmé qu’ils évoluaient en pleine confiance avec C3 WRC sur cette surface.

Esapekka Lappi et Janne Ferm se sont aussi faits remarquer lors de l’édition 2017 du Tour de Corse, en terminant meilleurs performers avec quatre meilleurs temps (1 ex aequo) dont la Power Stage, au plus fort de la bagarre pour les points bonus au championnat. Le duo était même en lice pour la troisième marche du podium avant une crevaison dans l’avant dernière spéciale. D’où les légitimes espoirs également affichés par le jeune pilote finlandais, sur une surface qu’il affectionne particulièrement, pour y avoir couru en karting de six à seize ans.

Longtemps aux commandes de la course en 2017, et créditée également de trois meilleurs temps l’an passé, C3 WRC s’est toujours révélée très compétitive sur ce terrain qui vit ses glorieuses aînées (Xsara Kit-Car et WRC, C4 WRC) l’emporter à six reprises par le passé. Et les nouveaux équipages des Rouges ont disposé de deux jours chacun d’essais à son volant en Corse la semaine dernière, pour passer en revue la gamme de réglages.

RÉACTIONS DE…

Pierre Budar, Directeur de Citroën Racing

« La manche française du WRC constitue forcément un événement à part pour nous et devant notre public, nous sommes déterminés à grimper sur le podium pour la quatrième fois consécutive en autant de manches. Nous savons néanmoins combien ce terrain peut se révéler impitoyable, d’autant que le parcours met l’accent sur l’endurance, et qu’à cette période de l’année, la météo pourrait également avoir son mot à dire. En tout cas, Sébastien comme Esapekka ont déjà démontré leur indéniable pointe de vitesse sur ce profil, c’est le cas aussi de C3 WRC, et la préparation effectuée sur place la semaine passée nous permet de l’aborder dans de bonnes dispositions. »

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT

« Le parcours a encore pas mal évolué cette année, mais c’était déjà le cas lors de mes participations précédentes, ce qui fait que j’ai souvent eu ici à découvrir de nouvelles spéciales, et ce n’est pas pour me déplaire. Cela rajoute un peu de stress et d’adrénaline à la course, et peut aussi contribuer à faire de plus gros écarts que d’ordinaire. Lorsque tu t’élances ainsi à la découverte, c’est clairement celui qui a fait du très bon travail pendant les reconnaissances, et qui ose partir à bloc en faisant confiance à ses notes, qui fait la différence. On connaît par ailleurs les qualités de C3 WRC sur l’asphalte, de même nos essais préparatoires se sont révélés bien productifs, avec de bonnes sensations derrière le volant, aussi j’aborde notre manche nationale du WRC en ayant à cœur de bien faire et de poursuivre sur notre lancée. »

Nombre de participations à l’épreuve : 5
Nombre de victoires : 2 (2016 et 2018)


Esapekka Lappi, Pilote du Citroën Total WRT

« J’ai toujours beaucoup apprécié ce rallye, et j’ai vraiment hâte d’y être. J’aime piloter sur l’asphalte pur comme ici ou en Catalogne. L’enjeu sera d’y prendre de bonnes notes d’entrée, car elles revêtent à mon sens une importance encore plus capitale sur le bitume que sur la terre, pour adopter la trajectoire idéale, et savoir quelle vitesse conserver en virages. Avec le tracé revu, on partira tous sur un pied d’égalité, et si l’exercice ne sera pas facile, c’est une opportunité à saisir pour nous, qui avons généralement une moindre grande connaissance du terrain sur les autres épreuves. Nos tests en tout cas m’ont mis en confiance et j’espère me montrer au moins aussi compétitif que l’an passé. »

Nombre de participations à l’épreuve : 3
Meilleur résultat : 6e (2018)

CHIFFRES-CLÉS

14 spéciales totalisant 347,51 km chronométrés
133,34 soit le nombre de kilomètres nouveaux à prendre en notes cette année pour les équipages
47,18 km pour Castigniccia, la plus longue spéciale du week-end, programmée à deux reprises le samedi
6 succès remportés par Citroën au Tour de Corse WRC : 1 avec Xsara Kit-Car (1999), 3 avec Xsara WRC (2001, 2005 et 2006), 2 avec C4 WRC (2007 et 2008)
pour la deuxième année consécutive, Citroën France est partenaire officiel et principal du Tour de Corse

PROGRAMME DU TOUR DE CORSE

(GMT+1 jusqu’au 30/03, GMT+2 à partir du 31/03)

Avec une première journée entre Porto-Vecchio et Propriano, puis une remontée en direction de la Castagniccia, du Cap Corse et du désert des Agriates, pour finir du côté de Calvi, cette nouvelle édition de la classique insulaire reste fidèle à la tradition du parcours en ligne réinstaurée ces dernières années.

Outre ces différentes régions traversées, ce Tour de Corse comporte un tas d’autres ingrédients pour être ardu : un parcours total porté à près de trois cent cinquante kilomètres (contre 333,48 km en 2018), une étape de vendredi avec uniquement une zone de changement de pneus à la mi-journée, une journée de samedi comptant 174,50 km avec deux fois 47,18 km sur les routes particulièrement sélectives de la Castagniccia, et pour finir une Power Stage plus longue (19,34 km) qu’à l’accoutumée, dans le décor majestueux du Fango.

L’autre grosse difficulté tient au renouvellement à plus de 62 % du parcours. Sur quatorze spéciales, trois seulement, à savoir l’ES 2/5 de Valinco (25,94 km) disputée en 2015, la 7/10 du Cap Corse (25,62 km) et la 8/11 du Désert des Agriates (14,45 km), toutes deux courues l’an passé, sont connues des concurrents actuels du championnat du monde. D’où la nécessité pour eux de découvrir et prendre en notes 133,34 kilomètres en seulement deux passages à allure réglementée (80 km/h). Plus que d’ordinaire encore, les reconnaissances s’annoncent donc cruciales et nécessiteront une concentration de tous les instants.

JEUDI 28 MARS

09h00 : Shakedown (Sorbo Ocagnano)

VENDREDI 29 MARS

07h00 : Départ jour 1 (Porto-Vecchio)
07h05 : Zone de changements de pneus (Porto-Vecchio – 15′)
08h29 : ES 1 – Bavella 1 (17,60 km)
09h24 : ES 2 – Valinco 1 (25,94 km)
10h32 : ES 3 – Alta-Rocca 1 (17,37 km)
12h41 : Zone de changements de pneus (Porto-Vecchio – 15′)
14h05 : ES 4 – Bavella 2 (17,60 km)
15h00 : ES 5 – Valinco 2 (25,94 km)
16h08 : ES 6 – Alta-Rocca 2 (17,37 km)
19h38 : Flexi assistance A (Aéroport de Bastia – 45′)

SAMEDI 30 MARS

06h05 : Départ jour 2 et assistance B (Aéroport de Bastia – 15′)
07h38 : ES 7 – Cap Corse 1 (25,62 km)
09h08 : ES 8 – Désert des Agriates 1 (14,45 km)
10h14 : ES 9 – Castagniccia 1 (47,18 km)
12h32 : Assistance C (Aéroport de Bastia – 40′)
14h38 : ES 10 – Cap Corse 2 (25,62 km)
16h08 : ES 11 – Désert des Agriates 2 (14,45 km)
17h14 : ES 12 – Castagniccia 2 (47,18 km)
18h34 : Flexi assistance D (Aéroport de Bastia – 45’)
20h24 : Parc fermé (Place Saint Nicolas – Bastia)

DIMANCHE 31 MARS

07h30 : Sortie parc fermé (Place Saint Nicolas – Bastia)
08h10 : Assistance E (Aéroport de Bastia – 15’)
09h45 : ES 13 – Eaux de Zilia (31,85 km)
12h18 : ES 14 – Calvi Power Stage (19,34 km)
13h18 : Arrivée (Citadelle de Calvi)
15h00 : Podium (Citadelle de Calvi)


Citroën remporte son deuxième succès de la saison avec Ogier-Ingrassia !

Épatants d’aisance et de lucidité, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia ont remporté ce dimanche leur deuxième victoire de la saison en trois épreuves, à bord d’une C3 WRC omniprésente sur les podiums depuis l’ouverture de la saison au Monte-Carlo ! Avec huit succès désormais sur ces terres, Citroën Racing est plus que jamais le recordman de trophées au Mexique.

Forts de 27’’0 d’avance ce matin sur le deuxième, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia ne tremblaient pas malgré la pression exercée par leurs poursuivants, confirmant leur mainmise sur l’épreuve, pour s’imposer avec une marge encore augmentée au terme des quelque soixante derniers kilomètres chronométrés. Avec cinq points bonus également remportés dans la Power Stage à l’issue d’un septième scratch, lequel faisait d’eux les meilleurs performers du week-end, ils réalisaient du même coup une excellente opération comptable pour se hisser à la deuxième place du championnat du monde, à seulement quatre unités du premier. 

Les sextuples champions du monde s’étaient portés en tête dès le deuxième passage dans El Chocolate (31,57 km), soit le chrono le plus technique du premier jour, avant de conclure l’étape initiale avec quatre scratches et une avance de 14’’8 sur le deuxième, malgré leur troisième position en piste. Un temps privés des commandes le lendemain, après s’être vus attribués un temps forfaitaire (ES 10 neutralisée) tenant compte de la crevaison lente alors contractée, les Français, bien que sans roue de secours, étaient repartis à l’assaut et avaient repris la tête dès l’ES suivante d’Otates, suite à un deuxième temps à seulement 1’’2 du premier. Avant carrément de s’adjuger l’ultime ES de la boucle matinale. L’après-midi les avait également vus s’octroyer leur sixième meilleur temps du week-end, en dépit du handicap d’être les seuls à embarquer deux roues de secours. Cette performance leur avait du même coup permis de se constituer une avance leur permettant de gérer, avec la maîtrise qu’on leur connaît, sur cette ultime étape.

Onze ans après leurs débuts en championnat du monde sur cette même épreuve en Citroën C2 Super 1600, Sébastien et Julien signent leur cinquième victoire au Mexique, après celles déjà glanées en 2013, 2014, 2015 et 2018. C’est également leur deuxième succès de la saison, après le Monte-Carlo, et la troisième fois en autant d’épreuves en 2019 que Citroën Total World Rally Team figure sur l’une des deux premières marches du podium, confirmation de sa compétitivité certaine. 

En se couvrant de lauriers pour la deuxième fois en Amérique Centrale après 2017, C3 WRC a également marqué de son empreinte cette épreuve pourtant réputée comme particulièrement exigeante en raison de ses températures et altitudes extrêmes, tandis que Citroën Racing porte son record de victoires sur cette manche à huit unités.

Pour leur deuxième participation seulement au Mexique, Esapekka Lappi et Janne Ferm faisaient rapidement montre de leur indéniable potentiel. Avec un 4etemps à 6’’2 de leurs équipiers dans El Chocolate (31,57 km), puis carrément un 2e à deux dixièmes du scratch (ES 7) le vendredi après-midi, ils terminaient la première journée à une prometteuse cinquième position, à seulement 2’’ du quatrième. Le tempo imprimé dès la reprise le lendemain confirmait qu’ils évoluaient en osmose avec C3 WRC, hélas un changement soudain d’adhérence leur valait de se faire piéger et d’en rester là. Cette dernière journée de course abordée en positions d’ouvreurs leur permettait de continuer à emmagasiner de l’expérience, tout en préparant les prochaines échéances sur terre, et le point glané dans la Power Stage, au plus fort de la bagarre pour le championnat, rappelle qu’il faudra compter avec eux pour la suite !

RÉACTIONS DE…

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT

« Le Mexique est décidément un endroit à part pour moi et je suis particulièrement heureux d’accrocher cette cinquième victoire ici, en faisant en plus le plein de points au championnat ! On était venus pour ça, et si ce n’était pas un week-end de tout repos, nous l’avons bien géré du début à la fin. Le potentiel que j’avais décelé dans la C3 WRC continue à se vérifier, elle nous a permis d’être meilleurs performers ce week-end, à nous désormais de continuer à travailler d’arrache-pied, car le championnat s’annonce plus serré que jamais. En attendant, je tiens à remercier toute l’équipe pour le beau travail effectué ! Nous irons désormais aller en Corse avec un objectif similaire. »

Esapekka Lappi, Pilote du Citroën Total WRT

« Je suis content d’avoir appris comment piloter sur cette surface particulière avec ma C3 WRC et d’avoir également progressé dans ma compréhension de la stratégie pneumatique pour ces spéciales. Maintenant, nous allons nous concentrer sur le Tour de Corse, avec l’intention de renouer avec les avants postes. »

DEUX QUESTIONS À PIERRE BUDAR, DIRECTEUR DE CITROËN RACING

Que vous inspire cette huitième victoire de Citroën Racing au Mexique, la deuxième également de la saison ?
Elle nous réjouit, car c’est le résultat d’un excellent travail d’équipe ! Gagner ici n’est jamais anodin, tant la combinaison des hautes altitudes et des températures estivales en fait un challenge ultime pour les hommes comme les mécaniques. Mais tout le monde a fait preuve d’une vigilance de tous les instants et ce succès constitue une juste récompense. Cette épreuve reste atypique, mais c’est également toujours positif de s’adjuger la première manche terre du championnat, car c’est la surface majoritaire sur la saison, et s’il ne nous faut pas nous relâcher, c’est la confirmation que nous sommes bien dans le match avec C3 WRC. Trois podiums en autant de courses, on ne pouvait rêver meilleure entame de campagne avec nos deux nouveaux équipages. Tout ça n’aurait évidemment pas été possible sans une prestation majuscule de Sébastien et Julien. Chaque jour, ils ont fait l’étalage de leur palette de qualités : vitesse, science de la course, capacité de réaction, de gestion aussi. On le savait déjà mais ils ont définitivement tout pour eux !

Qu’avez-vous pensé de la course d’Esapekka Lappi et Janne Ferm ?
Il y a eu cette petite erreur, qui leur a coûté cher, mais je préfère retenir la manière dont ils ont appréhendé les difficultés de ce terrain qu’ils ne maîtrisent pas encore pleinement, pour hausser progressivement le ton, jusqu’à imprimer un rythme plus qu’honorable. Ils ont eu de très bonnes sensations sur la terre avec C3 WRC et c’est de bon augure pour la suite du championnat.  

LES TEMPS FORTS DU WEEK-END

Ingénieur d’exploitation de Sébastien Ogier et Julien Ingrassia, Thomas Breton revient sur la première journée de course parfaitement négociée par son équipage.

«Ils m’ont vraiment impressionnés le vendredi. Évidemment, notre ordre de départs était meilleur que celui de Tänak et Neuville, mais d’autres à l’inverse bénéficiaient de pistes bien plus balayées. D’autant que ce sont des conditions de roulage toujours difficiles à travailler et à reproduire en essais. On leur a donné une voiture facile et eux en ont fait bon usage ! Car ils ont cette grande faculté à adapter leur rythme aux circonstances, à en rajouter dès lors que ça devient nécessaire, à contrôler quand il n’est pas opportun de prendre des risques inconsidérés. » 

CLASSEMENT FINAL PROVISOIRE

1. Ogier / Ingrassia (Citroën C3 WRC) 3h37’08’’0
2. Tänak / Järveoja (Toyota Yaris WRC) +30’’2
3. Evans / Martin (Ford Fiesta WRC) +49’’9
4. Neuville / Gilsoul (Hyundai i20 WRC) +1’27’’0
5. Meeke / Marshall (Toyota Yaris WRC) +6’06’’2
6. Guerra / Zapata (Skoda Fabia R5) +15’35’’5
7. Bulacia Wilkinson / Cretu (Skoda Fabia R5) +18’51’’5
8. Latvala / Anttila (Toyota Yaris WRC) +18’55’’9
9. Sordo / Del Barrio (Hyundai i20 WRC) + 22’44’’1
14. Lappi / Ferm (Citroën C3 WRC) +1h03’40’’5

CHAMPIONNAT DU MONDE PILOTES

1. Ott Tänak – 65 points
2. Sébastien Ogier – 61 points
3. Thierry Neuville – 55 points
4. Kris Meeke – 35 points
5.Elfyn Evans – 28 points
6. Esapekka Lappi – 20 points
7. Sébastien Loeb – 18 points
8. Jari-Matti Latvala – 14 points
9. Andreas Mikkelsen – 12 points 

CHAMPIONNAT DU MONDE CONSTRUCTEURS

1. Toyota Gazoo Racing – 86 points
2. Citroën Total WRT – 78 points
3. Hyundai WRT – 77 points
4. M-Sport Ford WRT – 45 points

Le carnet de notes du Mexique par… Sébastien Ogier

Révélé à une époque où les Français avaient souvent l’étiquette de spécialistes de l’asphalte, le Haut-Alpin s’est très vite affirmé comme un pilote complet. Il revient sur sa découverte de la terre et sur sa relation au Mexique en quelques questions.

Quand as-tu piloté pour la première fois sur terre ?

« En rallye, ça devait être avec Rallye Jeunes peu avant le début de la saison 2006, car le Volant Peugeot 206 débutait alors par le terre de l’Auxerrois. Avant ça, dès l’âge de huit ans, mon père m’avait récupéré un petit kart cross et j’avais eu l’occasion d’en faire sur le circuit de Saint-Laurent-du-Cros, non loin de chez moi. »

Qu’as-tu alors pensé des sensations ressenties sur cette surface ?

« C’est vrai qu’en France, on a eu pendant longtemps une culture plutôt asphalte, mais de mon côté, les sensations terre sont venues très vite. Je m’y suis presque plus rapidement senti à l’aise, que sur le bitume. Peut-être est-ce ce côté glisse qui se rapprochait du ski. En tout cas, j’ai eu la chance dès le début de ma carrière de pouvoir disputer un championnat mixte et c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Aujourd’hui, il y a de moins en moins de spécialistes de telle ou telle surface, et les nordiques sont aussi devenus très performants sur le tarmac, ce qui fait que c’est également plus disputé quelle que soit la course. »

Quel est ton meilleur souvenir du Mexique ?

« Assurément l’édition 2008. C’était alors ma toute première manche mondiale, et elle s’était soldée par une victoire en championnat du monde Junior. Débarquer ainsi dans cet univers et que ça se passe de suite aussi bien, c’était un peu comme vivre un rêve éveillé ! »

Après un départ donné en plein cœur de Mexico, sur la célèbre place Zocalo en 2017, l’organisation est revenue à la traditionnelle cérémonie à Guanajuato. Qu’en penses-tu ?

« C’était exceptionnel d’aller ainsi au centre de Mexico, même si l’aspect logistique avait été un peu plus délicat, mais Guanajuato reste un endroit à part où nous prenons beaucoup de plaisir à revenir chaque année. L’ambiance y est unique, et c’est la seule cérémonie de départ de la saison où on ressent une telle ferveur populaire ! »

Qu’as-tu fait des paires de santiags habituellement offertes au vainqueur ?

« J’avoue que je ne les ai jamais remises en dehors du podium, si ce n’est l’an passé pour conduire la moto utilisée pour rallier l’aéroport de suite après l’arrivée ! Mais j’en ai gardé en souvenirs, j’ai aussi conservé tous mes trophées de victoires, sauf un du Mexique justement, qui était sans doute un peu trop beau et qui a malheureusement disparu dans un voyage. Je n’ai pas d’espace qui leur est dédié chez moi mais c’est un projet que j’ai pour plus tard, j’ai toutefois encore l’espoir d’en remporter quelques-uns donc j’attends pour avoir une idée concrète de la place nécessaire ! »

SECRETS DE ROUGES

Repérés par Citroën courant 2007, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia se sont vus propulser en Championnat du Monde Junior l’année suivante, après deux saisons seulement en France. Le deuxième cité se souvient de l’édition 2008 du Mexique, théâtre de leur toute première apparition en WRC :

« Au niveau émotionnel, c’était fort de se retrouver ainsi à l’autre bout du monde pour notre première course internationale ! Surtout que c’est l’une des manches les plus dépaysantes du championnat. Autant vous dire que le niveau de stress était relativement haut… Avec le soutien important dont on disposait de la part de Citroën et de la FFSA, on avait une certaine pression sur les épaules. À l’époque, je baraguinais seulement quelques mots d’Anglais et Seb, encore moins. Puis on passait d’une 206 Volant assez basique à une C2 Super 1600, qui était pour le coup une véritable voiture de course, avec un moteur qui prenait des tours, une boîte séquentielle également. Je revois encore Seb dès notre premier run d’essais, se forcer à prendre l’habitude de freiner avec son pied gauche, ce qui était complètement nouveau pour lui aussi. Au final, cela s’était très bien passé, puisque dès la première spéciale, on avait signé le scratch avec un bel écart et on avait mené de bout en bout, ce qui avait idéalement lancé notre campagne. Forcément, on en garde tous deux d’excellents souvenirs ! »

Citroën s’offre un second podium consécutif avec la deuxième place de Lappi-Ferm !

Très combatifs avec C3 WRC sur cette dernière journée de course, Esapekka Lappi et Janne Ferm repoussaient les assauts d’une concurrence féroce pour accrocher avec cette deuxième place finale, leur premier podium sous les couleurs du Citroën Total World Rally Team. Récents vainqueurs du Monte-Carlo, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia faisaient quant à eux parler tout leur talent et leur détermination pour aller glaner, malgré leur déconvenue initiale, deux points au championnat du monde dans la Power Stage. 

À croire qu’Esapekka Lappi et Janne Ferm évoluent dans leur jardin sur cette étape dominicale du rallye de Suède ! Comme l’an passé, les Finlandais se montraient impressionnant d’aisance à l’occasion de l’ultime journée de course, pour entériner cette fois-ci, avec maîtrise et autorité, une très belle deuxième place. Soit leur premier podium sous les couleurs de la marque aux chevrons, leur meilleur résultat également sur cette épreuve qu’ils ne disputaient que pour la troisième fois, ce qui leur vaut de se hisser du même coup au cinquième rang du classement provisoire du championnat.

Après la victoire au Monte-Carlo, c’est aussi le deuxième podium de la saison en autant d’événements pour le Citroën Total World Rally Team, à l’issue d’une course qui aura vu C3 WRC briller tant par sa compétitivité (trois meilleurs temps) que par sa fiabilité exemplaire.

Cette performance particulièrement probante de Lappi, pour sa deuxième participation seulement avec C3 WRC, est la conséquence d’une course menée crescendo. Cinquième le premier jour, après un tête à queue l’ayant ensuite obligé à composer avec un package aérodynamique endommagé, Esapekka haussait le ton le samedi pour gagner trois places et se porter en deuxième position, avant d’être encore plus convaincant aujourd’hui. Deuxième ex aequo ce matin, avec un concurrent pointé aussi à seulement 2’’3 derrière, le pilote de 28 ans frappait fort dès le premier passage dans Likenäs (21,19 km). Sur cette spéciale qui nécessite d’être en parfaite osmose avec sa monture tant elle est rapide, son troisième temps lui valait en effet d’éloigner définitivement la menace du premier de ses rivaux, tout en grappillant deux dixièmes au second. Décidément en verve, il n’en restait pas là ! En s’approchant cette fois-ci à seulement six dixièmes du scratch au deuxième passage dans la même ES, il s’assurait un avantage de 4’’4  sur le troisième avant l’ultime Power Stage de Torsby (8,93 km), où il tenait bon tout en s’adjugeant un point bonus !

Malgré une position d’ouvreurs clairement défavorable, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia avaient quant à eux réalisé une belle entame de course, en pointant en embuscade à mi première journée (5eà 14’’4). Mais, découvrant les premiers les rails remplis d’eau créés au passage des historiques à l’entre-deux tours, les sextuples champions du monde se faisaient hélas surprendre (ES 6)et restaient englués dans un mur de neige de manière rédhibitoire. Repartis le samedi, pour une séance d’essais grandeur nature, ils ne se démobilisaient pas, remportant notamment trois meilleurs temps (ES 11, 11 et 14) à bord de C3 WRC. Focalisés aujourd’hui sur l’objectif de glaner quelques points en Power Stage, ils en arrachaient deux à la faveur d’un quatrième temps. Désormais troisièmes du classement provisoire du championnat, ils aborderont du même coup le prochain rendez-vous au Mexique avec un ordre de départs intéressant. 

RÉACTIONS DE…

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT

«  J’espérais évidemment mieux, mais en s’élançant devant sur ces spéciales, c’est toujours très compliqué de bien figurer. Beaucoup de concurrents ont visité des murs de neige, et nous on a aussi manqué un peu de réussite en se tanquant à l’un des rares endroits où il n’y avait pas de spectateurs. On a fait notre maximum dans la Power Stage, même si là encore les conditions n’étaient pas optimales pour nous. Je suis déjà focalisé désormais sur le Mexique. »

Esapekka Lappi, Pilote du Citroën Total WRT

« Je savais après les essais que nous avions bien travaillés, et cela s’est confirmé sur cette épreuve que j’affectionne particulièrement. Les conditions ce week-end étaient néanmoins quelque peu différentes, aussi nous avons progressivement peaufiné les réglages de notre C3 WRC , ce qui nous a permis d’être de plus en plus en confiance avec et de monter en régime au fil des kilomètres. Je suis ravi de ce résultat qui lance notre saison, c’est prometteur pour la suite ! »

DEUX QUESTIONS À PIERRE BUDAR, DIRECTEUR DE CITROËN RACING

Comment qualifierez-vous la prestation d’Esapekka et Janne ?

Étonnante ! Nous savions évidemment qu’ils étaient capables d’obtenir de tels résultats, mais ils nous ont encore impressionnés par leur sérénité, leur solidité et l’approche crescendo adoptée à l’issue de leur tête à queue du premier jour. Ils ont alors su hausser petit à petit le ton sans commettre aucune autre erreur. C’est particulièrement satisfaisant de les voir décrocher le deuxième meilleur résultat de leur carrière en WRC, dès leur seconde course en C3 WRC, d’autant plus que ce sont deux garçons, très faciles et agréables, avec qui nous prenons beaucoup de plaisir à travailler.

Sébastien et Julien ont en revanche manqué de réussite…

On avait conscience de la difficulté de la tâche qui leur incombait en ouvrant la route sur ce terrain connu pour gagner en adhérence au fil des passages, cela s’est confirmé, même s’ils s’en sortaient avec les honneurs au moment de leur petite erreur. Ils ont toutefois eu la bonne réaction, en ne se démobilisant pas et en travaillant avec l’équipe pour poursuivre leur apprentissage de C3 WRC. Leur détermination sans faille a d’ailleurs été justement récompensée dans la Power Stage. À l’instar d’Esapekka et Janne, ils ont aussi démontré avec trois meilleurs temps, que notre monture, déjà deuxième ici-même l’an passé, était définitivement à son aise sur ce terrain pourtant difficile à appréhender, dans la mesure où on ne le pratique que trop peu. Cela nous incite à poursuivre nos efforts pour continuer dans cette voie dès le Mexique, où nous nous attendons encore à une bagarre au moins aussi intense.

LE TEMPS FORT DU WEEK-END, PAR JANNE FERM

Acteur indissociable comme autant témoin privilégié de la montée en puissance d’Esapekka Lappi au fil du week-end, Janne Ferm raconte cette dernière journée aux allures de sprint !

« Tout au long du week-end, l’ambiance dans l’habitacle de notre C3 WRC était au calme, à la concentration et à la détermination, et ce matin n’a pas dérogé à la règle ! J’étais convaincu que nous étions capables d’accrocher cette deuxième place, mais je connais aussi trop bien le rallye pour savoir que rien n’est jamais acquis… Nous n’avons jamais rien lâché, nous avons pris les spéciales les unes après les autres sans trop nous poser de questions. À chaque arrivée de Likenas, avant même d’avoir vu le temps, j’étais content car je sentais que nous avions tout donné et cela s’est vérifié au chrono. C’est une ES où il faut littéralement se lâcher, et je savais qu’Esapekka avait fait parler toute sa bravoure et son sens de l’attaque ! » 

CLASSEMENT FINAL PROVISOIRE

1. Tänak / Järveoja (Toyota Yaris WRC) 2:47:30.0

2. Lappi / Ferm (Citroën C3 WRC) +53.7

3. Neuville / Gilsoul (Hyundai i20 WRC) + 56.7

4. Mikkelsen / Jaeger-Amland (Hyundai i20 WRC) +1:05.4

5. Evans / Martin (Ford Fiesta WRC) +1:08.2

6. Meeke / Marshall (Toyota Yaris WRC) +1:38.8

7. Loeb / Elena (Hyundai i20 WRC) +1:49.7

8. Tidemand / Floene (Ford Fiesta WRC) +3:37.7

     29. Ogier / Ingrassia (Citroën C3 WRC) +24’19’’0

CHAMPIONNAT DU MONDE PILOTES

1. Ott Tänak – 47 points

2. Thierry Neuville – 40 points

3. Sébastien Ogier – 31 points

4. Kris Meeke – 21 points

5. Esapekka Lappi – 19 points

6. Sébastien Loeb – 18 points

7. Elfyn Evans – 13 points

8. Andreas Mikkelsen – 12 points

9. Jari-Matti Latvala – 10 points

CHAMPIONNAT DU MONDE CONSTRUCTEURS

1 Toyota Gazoo Racing – 58 points

2. Hyundai WRT – 57 points

3. Citroën Total WRT – 47 points

4. M-Sport Ford WRT – 30 points

100ème victoire de Citroën en WRC, signée par Sébastien Ogier et Julien Ingrassia !

Héroïques sur cette ultime étape à bord de leur C3 WRC, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia sont sortis vainqueurs de l’édition du Monte-Carlo ayant connu le plus petit écart final de son histoire. Signe de l’intensité de la bataille livrée, comme autant de la performance réalisée, qui permet à Citroën Racing d’accrocher sa centième victoire en WRC, à l’occasion de l’anniversaire du centenaire de la marque !

Attaquer les 13,58 derniers kilomètres d’un Monte-Carlo en comptant quelque trois-cent-vingt-quatre, avec seulement quatre dixièmes d’avance, nécessite un sacré sang-froid. D’autant plus lorsqu’un problème de pédale d’accélérateur vient perturber la concentration dans l’habitacle. Avec six titres mondiaux à leur actif, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia sont passés maître dans l’art de gérer ce genre de situation, riche en montée d’adrénaline, et en ont encore fait l’illustration aujourd’hui. Auteurs du deuxième temps dans cet ultime chrono tracé entre La Cabanette et le Col de Braus, les Français entérinaient du même coup pour 2’’2, leur septième victoire en Principauté, la sixième consécutive également, pour leur première sortie avec la C3 WRC ! Ce résultat fait aussi d’eux les co-recordmans du nombre de succès sur cette manche prestigieuse et confirme combien Sébastien et Julien sont déjà en osmose avec leur nouvelle monture. 

Cette prestation hors norme est aussi le centième succès de Citroën Racing en championnat du monde des rallyes, près de vingt ans après le premier remporté, sur la Xsara Kit-Car au rallye de Catalogne 1999, par le regretté Philippe Bugalski et Jean-Paul Chiaroni, devenu depuis coordinateur reconnaissances et météo au sein de l’équipe. Une performance historique qui témoigne d’une longévité au plus haut niveau dont peu de constructeurs peuvent se targuer.

Particulièrement conscients des pièges que recèle un Monte-Carlo, la paire tricolore a d’emblée adopté une approche réfléchie, se positionnant dès les deux chronos nocturnes du jeudi soir au deuxième rang. Avant de se porter en tête le lendemain après-midi (ES 7), à la faveur notamment à deux meilleurs temps (ES 5 et 6) sur les spéciales pourtant inédites de Curbans – Piegut (18,47 km) et Valdrome – Sigottier 2 (20,04 km). Crédités de 2’’0 d’avance le vendredi soir, Sébastien et Julien faisaient mieux que doubler leur capital dans Agnières en Devoluy – Corps (29,82 km), première ES du samedi et plus longue du week-end, et ce malgré un verglas présent en abondance. Une avance qu’ils allaient ensuite gérer pour attaquer la dernière journée de course avec 4’’3 de marge et rendre coup pour coup à leur adversaire, puis le coiffer sur les tous derniers hectomètres chronométrés.

Contraints à l’abandon samedi matin suite à un petit souci moteur, Esapekka Lappi et Janne Ferm avaient quant à eux effectué une entame de course prometteuse, au point d’occuper une brillante quatrième place le jeudi soir. Preuve que Citroën Total WRT a fait le bon choix en décidant de les associer à Sébastien Ogier et Julien Ingrassia. Avec un ordre de départs qui leur sera du coup sûrement favorable en Suède, il faudra à nouveau compter avec eux.

RÉACTIONS DE…

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT
« Ce n’était pas gagné d’avance, cette dernière étape a notamment été particulièrement stressante et difficile avec notre petit souci, qui faisait que la voiture continuait à accélérer, même en phase de freinage. Mais bien conseillés par l’équipe, nous avons réussi à effectuer une réparation de fortune et nous nous sommes battus sans relâche, avec succès finalement. Nous avons vécu un week-end hyper intense, avec une victoire conquise au terme d’une bagarre de tous les instants. Elle nous rend forcément fiers, pour notre première course avec la C3 WRC, d’autant plus que, comme je l’ai souvent dit, ce rallye est celui qui me tient le plus à cœur, puis elle nous permet aussi de célébrer avec la manière le centenaire de Citroën. Autant dire que l’on ne pouvait rêver meilleurs débuts pour nos retrouvailles ! »

DEUX QUESTIONS À PIERRE BUDAR, DIRECTEUR DE CITROËN RACING

Quel est votre sentiment au soir de cette victoire historique ?
C’est effectivement une victoire sensationnelle, c’est un symbole fort et extrêmement important pour nous que d’arriver à accrocher ce centième succès en WRC dès la première course de la saison, qui plus est sur une épreuve aussi mythique que le Monte-Carlo, qui se court de surcroit majoritairement sur notre territoire. C’est également une vraie satisfaction d’ajouter une huitième victoire à notre palmarès commun avec Sébastien et Julien, en cette année de centenaire de Citroën. En nous retrouvant cette année, nous nourrissions l’espoir d’écrire ensemble de nouvelles pages de l’histoire de la discipline et notre première course ne pouvait pas connaître meilleur dénouement.

Comment décririez-vous la performance de Sébastien et Julien ?
Dans un rallye aussi fou que celui-ci, avec des choix de pneus encore très difficiles, des conditions de route particulièrement piégeuses, ils se sont tout simplement montrés impériaux. Impériaux de maîtrise et de sérénité. C’est très intéressant de travailler avec eux, car ils vont droit au but et savent pertinemment sur quoi nous devons nous concentrer. Ils nous permettent de progresser vite et il va d’ailleurs nous falloir continuer à travailler sans relâche car cette première manche laisse clairement présager d’une saison encore plus disputée que jamais. Au-delà de Sébastien et Julien, qui ont évidemment été exceptionnels, je te tiens à saluer la performance de tous les membres de l’équipe. Ils ne se sont jamais démobilisés, même dans nos quelques moments de doute de l’an passé, et n’ont pas compté leurs heures pour parvenir à lancer aussi idéalement notre campagne 2019. Ce succès, c’est aussi clairement le leur !

TEMPS FORTS

Indispensable binôme de Sébastien Ogier, et témoin privilégié de son aisance derrière le volant, le copilote Français raconte l’état d’esprit qui était le leur au moment d’entamer la dernière ES.

« Avant l’ultime spéciale, notre ingénieur m’a demandé ce qu’il pouvait faire pour nous et je lui ai simplement recommandé d’allumer des cierges, tout en préparant la remorque et des sangles sait-on jamais… Car on n’avait pas l’intention de faire dans le détail ! En l’espace d’une boucle de quatre chronos ce matin, j’ai encore pris quelques années d’un coup, tant c’était tendu. Une fois partis, on a attaqué très fort, sans faire d’erreurs, ce qui est quand même exceptionnel de la part de Seb, pour une découverte de la C3 WRC. Pour autant, une fois la ligne d’arrivée franchie, on ne savait pas trop à quoi s’en tenir, ça ne s’agitait pas trop au point stop, puis j’ai vu sur la gauche le père de Seb qui avait le sourire. C’est là que j’ai compris que c’était bon, Seb sur le moment lui n’a pas capté, il a fallu qu’il baisse la tête pour réaliser et là il y avait pas mal d’émotion dans l’habitacle. »

CLASSEMENT FINAL PROVISOIRE

1. Ogier / Ingrassia (Citroën C3 WRC) 3h21’15’’9

2. Neuville / Gilsoul (Hyundai i20 WRC) +2’’2

3. Tänak / Järveoja (Toyota Yaris WRC) +2’15’’2

4. Loeb / Elena (Hyundai i20 WRC) +2’28’’2

5. Latvala / Anttila (Toyota Yaris WRC) +2’29’’9

6. Meeke / Marshall (Toyota Yaris WRC) +5’36’’2

7. Greensmith / Edmondson (Ford Fiesta R5) +13’04’’6

8. Bonato / Boulloud (Citroën C3 R5) +13’56’’5

CHAMPIONNAT DU MONDE PILOTES

1 Sébastien Ogier – 29 points

2. Thierry Neuville – 21 points

3. Ott Tänak – 17 points

4. Kris Meeke – 13 points

5. Sébastien Loeb – 12 points

6. Jari-Matti Latvala – 10 points

CHAMPIONNAT DU MONDE CONSTRUCTEURS

1 Hyundai WRT – 30 points

2. Citroën Total WRT – 25 points

3. Toyota Gazoo Racing – 25 points

4. M-Sport Ford WRT – 14 points